Le troisième concert de la saison de l'OPS - Orchestre philharmonique de Strasbourg - était dirigé, jeudi et vendredi dernier, par le chef allemand Claus Peter Flor, qui après avoir étudié le violon et la clarinette à Weimar, rejoint sa ville natale de Leipzig pour poursuivre sa formation de chef d'orchestre. Depuis, il a dirigé de nombreuses formations prestigieuses comme le Bayerische Rundfunk, l'orchestre de Bamberg, l'Orchestre national de France, le Philharmonique de Los Angeles...
Les premières pièces au programme de la soirée strasbourgeoise,L'ouverture et la Bacchanale tirées du Tannhäuser de Wagner, ont permis d'apprécier une direction majestueuse, à l'image de ces oeuvres qui figurent parmi les plus grandes du répertoire lyrique... et symphonique. C'est sans aucun artifice dans sa direction que Claus Peter Flor a rendu les sonorités dramatiques de L'ouverture ne tombant dans aucun excès quand le thème est porté à son paroxysme. Dans la Bacchanale, que Wagner dû ajouter à son ouverture pour complaire aux canons français de l'époque qui exigeaient un ballet, les deux harpes confèrent à l'opéra les sonorités chorégraphiques. Le thème de l'ouverture de Tannhäuser s'éteint lentement à la fin de cette pièce et le public marque une longue pause de plaisir avant d'applaudir très chaleureusement cette belle interprétation. Dans le Concerto funèbre pour violon et orchestre à cordes de Karl Amadeus Hartmann, les cordes furent réduites quasiment de moitié par rapport à celles nécessaires à l'exécution de Tannhäuser. Le soliste, Thomas Zehetmaier, s'est parfaitement joué de toutes les difficultés techniques de cette oeuvre composée juste avant la dernière guerre, tout en soulignant bien les accents mélancoliques, notamment dans le premier mouvement (largo) ; un violon qui devenait beaucoup plus expressif, comme dans le second mouvement, voire chaleureux par moment. Pour restituer le caractère plus intimiste de cette composition, le chef avait abandonné sa baguette pour obtenir un phrasé plus ample des cordes strasbourgeoises. Thomas Zehetmaier est un des chantres de la musique contemporaine, participant fréquemment à la création d'oeuvres de ce type. Il a débuté en 1977 au Festival de Salzbourg, ville où il est né en 1961. Il a obtenu, en 1978, le premier prix du concours Mozart. Après l'entracte, la baguette de Claus Peter Flor se fit plus nerveuse, même dans les passages paisibles des Tableaux d'une exposition de Moussorgski suivant l'orchestration de Ravel. Le choix délibéré du chef d'enchaîner rapidement les morceaux, comme d'ailleurs au cours de la première partie de la soirée, accroissait cette impression de rythme soutenu. Les sonorités des vents, mais surtout des cuivres - avec de magnifiques saxophones et tubas -, étaient particulièrement étincelantes, faisant ressortir la profondeur et le chatoiement des cordes. Ces instrumentistes ont d'ailleurs été longuement applaudis à l'issue de ce beau concert.











