La 5e édition du Forum du cinéma européen s'achève ce soir. Quelques images de ces cinq jours.
LA FRAGILITÉ du cinéma européen repose-t-elle sur un manque de talents ou sur un problème de frontières, trop fermées ? « La presse est en partie responsable : on perd trois pages pour des mauvais film américains qui ne méritent que deux lignes. Mais de toute manière, la seule chose qui puisse sauver un film est qu'il soit vu », affirme Monica Randall, une comédienne espagnole membre du jury « Avoir 20 ans en l'an 2000 ». Etre vu : tel est l'objectif du cinéma européen. Et c'est pour promouvoir ce cinéma que depuis vendredi, 15 jurés issus des pays membres de l'Unio européenne visionnent une sélection de films de jeunes réalisateurs qui reflètent la jeunesse européenne des années 2000. Le lauréat va bénéficier d'une distribution de son film dans les quinze pays de l'Union et d'une aide financière pour son prochain projet. La remise des prix se fera ce soir à l'Opéra nationale du Rhin lors de la clôture du festival. Par contre la lauréate du meilleur documentaire européen ARTE de l'année 2000 est connue depuis samedi : Agnès Varda. Son documentaire Les glaneurs et La Glaneuse a remporté l'adhésion du jury qui a apprécié la « générosité » du sujet, l'évocation d'hommes et de femmes qui vivent du ramassage d'objets et d'aliments jetés ou simplement abandonnés dans le paysage des villes et des champs à travers la France. Plus tard dans la même soirée, le festival lançait sa première nuit du court-métrage dans la grande salle de l'Odyssée. « On ne pensait qu'il y aurait autant de monde ! La salle est comble, vous êtes plus de 260 ! L'année prochaine, on vous en promet deux », s'est exclamé le présentateur. La nuit a débuté vers 23 heures pour la projection de 41 courts-métrages. Elle s'est achevée à l'aube, vers 6 heures du matin pour les happy few, environ soixante personnes. Curieusement les comédiens récompensés sont restés figés. Et pour cause : le prix du meilleur court-métrage est revenu à un film d'animation, Les oiseaux en cage ne savent plus voler du Français Luis Briceno.
Le roi danse
Pour donner un peu de lumière aux salles obscures, Le Roi danse de Pierre Corbiau est à l'affiche de la dernière nuit du festival. Le jeune Louis XIV (Benoît Magimel) règne sur la France et veut étendre sa domination jusqu'à la maîtrise des arts. En artiste et danseur avisé, il désigne Lully (Boris Terral) pour composer la musique et les ballets royaux, tous deux hautement politique. Le film s'applique a dessiné dans une fresque historique en costumes du XVIIe siècle, le double portrait de Louis XIV et du musicien Florentin Lully. La musique du second est le centre du film et illustre l'importance des arts durant le règne de Louis XIV. Et la présence de Tcheky Kario en Molière souligne cette facette du pouvoir que l'on découvre intéressé aux arts. Le Roi danse est projeté, ce soir, à l'Opéra du Rhin juste après la remise des différents prix aux concours du Forum.
Lully (Boris Terral) et Molière (Tcheky Kario) au service de l'art de gouverner dans « Le Roi danse ».
D.R.











