Artisans d'art ou artistes ? Ils étaient plus de 60 ce week-end à faire rêver les visiteurs, très nombreux à la salle polyvalente de Kembs.
Art, artisanat : les deux mots ont la même origine. On fait néanmoins le distinguo entre artisanat, et artisanat d'art. A la salle polyvalente de Kembs, dans les couloirs laissés entre les rangées, les visiteurs se sont pressés deux jours durant devant les stands des exposants venus d'un peu partout. Si la palette des spécialités présentées n'est pas extensible à l'infini, les artisans-artistes, en revanche, sont de plus en plus nombreux, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Et ce ne sont pas forcément ces derniers qui ont les meilleurs résultats. Certains amateurs ont à leur actif des réalisations remarquables. Le public a apprécié la finesse des moulages de Marcel Schuller ; moulages de mains essentiellement. Kinésithérapeute de métier, il connait bien la question. S'il a réuni beaucoup de moulages de mains et de pieds enfantins qu'il a mis en scène, on n'oubliera pas qu'il avait réalisé en son temps celui des mains de Jeanne Calment. Nicolas Rudler, de Roderen, a le coup d'oeil pour dénicher racines et branches, dont il tirera des sculptures très réalistes. Chez les professionnels, les gens qui vivent de leur art, de leur travail, le sculpteur Claude Bonnot a retenu l'attention avec ses oeuvres aliant le bronze et le verre, les formes tourmentées de son bestiaire ou de ses personnages avec celles, rectilignes, des supports en verre. Tourneur sur bois, David Ginder, de Brinckheim, a « tourné » de magnifiques pots très décoratifs. Christophe Richert, d'Ottmarsheim, confectionne des jouets en bois à vous donner envie de retomber en enfance. Jean Claude Busquet, d'Illzach, n'ignore rien de l'art de couler des étains. Les couronnes et autres arrangements de fleurs séchées, de Marie-Thérèse Rentz, de Muespach, n'en finissaient pas de séduire, tout comme les arrangements de fleurs fraîches de Carmen Trey, qui anime des ateliers d'expression florale à Kembs et à Saint-Louis. Et puis, il y avait les créations vestimentaires de Véronique Kluss, de Bergholtz-Zell, ses vestes et chapeaux uniques… La liste serait longue, de la peinture sur soie ou sur verre au patchwork, de la pâte à sel aux bijoux, de la broderie au cuir, de la marqueterie à la photo… d'autant que, par rapport aux années précédentes, il y a eu un certain renouvellement. Des habitués des éditions précédentes ont pris du recul, de nouveaux exposants sont venus. Ce renouveau est bénéfique, puisque, dans l'ensemble, il y avait de fort belles choses. La qualité semble être le maître mot de cette manifestation appelée de la sorte à perdurer.
La pâte à sel a toujours sa place au salon de Kembs.
J.-M. Sch.











