Entre Mulhouse et Bourogne, les Voies navigables de France réalisent pour 11 millions de francs de travaux. Il s'agit de mécaniser cinq écluses et de réaliser la réfection des digues dans le cadre du programme « Avenir du Territoire entre Saône et Rhin ».
Hier après-midi, en présence de Pierre Pouessel, préfet du Territoire de Belfort, André Bayle, directeur des Voies navigables de France (VNF) et gestionnaire du canal du Rhône-au-Rhin (appelé également Freycinet), a présenté les travaux actuellement réalisés entre Mulhouse et Bourogne. Ingénieur en chef du Service de la navigation et directeur du port autonome de Strasbourg, M. Bayle a indiqué que la direction régionale de la navigation de Strasbourg gère un réseau d'environ 500 km de voies navigables, couvrant un territoire d'une longueur de 250 km du Nord au Sud et réparties sur cinq départements.
400 millions pour le canal Freycinet
Les travaux ont démarré le 5 octobre et se poursuivront jusqu'au 2 décembre. Une période d'interruption de la navigation de deux mois, dite de « chômage » pour permettre la vidange des biefs sur lesquels des travaux de réhabilitation sont actuellement menés dans le cadre du programme « Avenir du territoire entre Saône et Rhin ». En effet, suite à l'abandon du projet de canal à grand gabarit, des programmes portant sur une période de sept années (2000-2006) seront réalisés sur cet ouvrage de 217 km de long (de Saint-Symphorien près de Dijon à Mulhouse, dont 35 km en Alsace). Un investissement de 400 millions de francs leur sera consacré. Outre la restauration du canal Freycinet, le projet concerne l'amélioration de la qualité des eaux (700 MF), les aménagements fonciers et l'agriculture (170 MF), le patrimoine et le milieu naturel (100 MF), etc.
Deux mois de « chômage »
La première tranche de ce programme pluriannuel est donc en chantier. « Les dossiers étaient déjà bien ficelés par Voies navigable de France », explique François Cavard, sous-préfet d'Altkirch. « Le 16 novembre prochain, une quinzaine d'autres dossiers concernant le versant alsacien seront examinés par le comité de pilotage. » Ces projets se répartissent parmi les quatre séries d'actions thématiques retenues dans le cadre du projet de développement durable du territoire entre Saône et Rhin. Chaque année, le canal du Rhône-au-Rhin devrait connaître une période de « chômage » pour se refaire une santé. Ainsi, une enveloppe de 155 millions de francs de crédits sera consacrée jusqu'en 2006 pour la tranche alsacienne et belfortaine, soit une moyenne de 20 MF/an. Les sommes sont réparties pour 85 MF pour le versant alsacien, 50 MF pour le Territoire de Belfort et 16/17 MF pour des travaux sur le barrage réservoir de Champagney et la rigole de Frahier qui alimente le canal du Rhône au Rhin. « Ces aides financières ont quadruplé nos moyens qui vont encore doubler dans les prochaines années », affirme André Bayle. Un message fort qu'il adressait aux représentants de l'État et des collectivités invités à la visite de plusieurs chantiers en bus.
Une vocation touristique
Premier arrêt, l'écluse 32 à Illfurth (notre photo) où l'on procède aux travaux d'étanchéité de l'ouvrage et au remplacement des portes en bois dont le système d'ouverture sera mécanisé. Le bus conduira le groupe à Heidwiller puis à l'échelle des écluses de Valdieu avant de prendre la direction de Bretagne (Territoire de Belfort) et le retour point de départ de Valdieu. « Toutes les mesures de sécurité ont été prises », souligne Pascal Gauthier, chef de l'arrondissement territorial de Mulhouse. Cinq écluses seront ainsi mécanisées après les deux premières dans le Territoire de Belfort (sur 40 dénombrées entre Mulhouse et Bourogne). Mais pas question d'automatiser le système : « Le canal du Rhône au Rhin a une vocation touristique, les plaisanciers souhaitent parler aux éclusiers. » Les responsables de VNF veulent rassurer les usagers et les 600 salariés employés en région Alsace. Après les aménagements paysagers et l'éclairage des écluses, la création de la piste cyclable et des aires de repos, la mécanisation des écluses devrait apporter un nouveau confort pour les touristes. Car le canal Freycinet s'est trouvé une voie économique entre Saône et Rhin.
A Illfurth, les travaux concernent l'étanchéité et la mécani- sation des nouvelles portes de l'écluse.
André Thévenot











