Les écoles d'Alsace, de Franche-Comté et de Lorraine sont désormais liées au Parc des Ballons des Vosges par une convention pour l'éducation à la protection de l'environnement.
P lus que tout autre, le combat pour la préservation de l'environnement requiert de temps en temps un geste fort. Comme la signature, hier matin, à la Maison du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, d'une convention liant cet organisme à trois académies du grand Est.
Le texte, réaffirmant et prolongeant la portée d'une action déja ancienne entre l'Education nationale et le Parc, porte bien cette marque. Mais seul le recteur de l'académie de Strasbourg avait fait le chemin de Munster : ses collègues de Besançon et de Nancy-Metz, ainsi que le président Jean-Paul Fuchs, s'étaient fait remplacer. Des absences, dûment justifiées et un remplacement par des collaborateurs de grande qualité, mais leur conjonction n'en faisait pas moins perdre de la substance au symbole annoncé. Claude Lambert n'a toutefois pas dû forcer son talent pour effacer l'impression de « loupé » de la petite cérémonie. Scientifique d'origine et passionné de sciences et vie de la terre, le recteur de l'académie de Strasbourg a souligné à quel point cet accord quadripartite, devant cimenter l'action éducative et environnementale entre la France-Comté, l'Alsace et les Vosges, intervenait dans l'air du temps, alors que le même jour, à La Haye, s'ouvraient de nouvelles négociations pour la réduction des gaz à effet de serre : il a notamment traduit sa préoccupation personnelle de voir suspendu, au résultat final des élections américaines, le sort d'une bonne partie des mesures pouvant être prises, tant les positions des deux candidats à la Maison-Blanche sont, à ce sujet, contradictoires.
Les moyens
Mais les principes, qu'ils soient affirmés avec force ou non, ne sont rien, s'ils ne sont pas suivis d'actes et, à cet égard, la convention pérennise les actions déjà entreprises, en attendant de les développer. Comme l'a rappelé, au nom de Jean-Paul Fuchs, Odile Uhlrich-Mallet, qui dirige notamment la commission pédagogique du Parc, la principale d'entre elles est la mise à disposition d'un enseignant du 1er degré à plein temps, prise en charge par l'inspection académique du Haut-Rhin, après l'avoir été par celle des Vosges. D'autres moyens concernent la mise à disposition, à temps partiel, d'un professeur de SVT de l'académie de Strasbourg et l'intervention d'une équipe d'appui pédagogique de Haute-Saöne. De son côté, le Parc prend en charge frais de fonctionnement et de déplacement des enseignants, chargés de mission, met à disposition documents et matériels pédagogiques, assure la gratuité des animations scolaires dans les établissements situés sur son territoire et dans les ZEP des villes portes, etc. Mme Uhlrich a rappelé pour sa part de nombreux exemples de collaboration, depuis les malles pédagogiques réalisés par des enseignants jusqu'aux stages à l'intention des étudiants des IUFM, en passant par les ateliers pédagogiques et les stages de formation. Les animations conduites par le Parc représentent également quelque 10 000 journées/enfant par an.
« Raconte-moi les Vosges »
Ce foisonnement s'accompagne d'une importante production de documents, par le Parc, mais aussi par ses partenaires, comme le centre départemental de documentation pédagogique des Vosges, dont le dernier fleuron est un CD-rom« Raconte-moi les Vosges », véritable petite encyclopédie du patrimoine du massif et des mille et une façons de mieux le connaître et le protéger. Puisqu'après tout, comme le rappelle M. Martin, l'enseignant détaché auprès du Parc : après avoir tourné la page de l'antique « leçon de choses » d'autrefois, il s'agit aujourd'hui d'« insérer cet enseignement dans la vie civique locale », afin que les élèves traduisent instantanément, dans leur comportement de citoyens, les notions de respect de la nature apprises à l'école.











