Dioxine, OGM et autres vaches folles profitent-ils aux produits bio ? Sondage auprès d'une poignée d'enseignes, généralistes et spécialisées, de la région mulhousienne.
PAS DE RUSH mais un « report ». Si les rayons « verts » ne sont pas pris d'assault, la tendance est quand même à une préoccupation grandissante des consommateurs pour des produits censés être de meilleure qualité. Qu'ils soient estampillés bio, labellisés ou simplement issus d'entreprises artisanales, de préférence de proximité.
Le phénomène ne touche pas seulement la viande de boeuf, qui accuse à peu près partout une baisse de 30 à 40 % de ses ventes. « Le report concerne l'ensemble des produits », constate le responsable qualité de Cora, qui donne l'exemple des oeufs. « La semaine dernière par exemple, il y a eu un acroissement des ventes d'oeufs bio, labellisés ou portant la mention plein-air. Résultat : rupture de stock, autant à cause du report lui même que de l'approvisionnement qui ne suit pas ».
« Progression »
Même constat auprès du rayon frais chez Auchan. « Le linéaire bio s'agrandit tous les jours » et « La progression sur le bio et les produits labellisés est sensible ». Pour autant, rien que de très normal : « Ce n'est pas la première fois que nous assistons à ces reports : la même chose s'est produite lors des précédentes crises alimentaires, explique-t-on chez Cora. Où l'on constate aussi que « Les marchés en question ont déjà beaucoup souffert : sur les abats par exemple, le tri a déjà largement été fait lors des alertes précédentes ». Une certitude, tout de même : « Le bio et les labels qualité sont des marchés porteurs. D'autant que des études montrent que les consommateurs sont prêts à payer plus pour des produits sûrs - même si on ignore combien ». De sérieux arguments au développement de filières qualité par les enseignes généralistes elle-mêmes...
« Etiquettes à la loupe »
Dans les magasins spécialisés, comme chez Satoriz ou Bio-jardin, la « progression » est là aussi notable. « Nous avons un peu plus de monde », constatent les responsables des deux enseignes.« Aux végétariens et aux personnes souffrant d'allergie alimentaire (qui constituent une grande partie de la clientèle) s'ajoutent de nouveaux clients. De plus en plus sensibilisés à ces questions de sécurité alimentaire, ils n'ont plus confiance, se posent beaucoup de questions, en ont assez de devoir lire les étiquettes à la loupe ». Mais là encore, ça n'a rien d'une révolution. « L'augmentation des ventes s'est fait sentir dès la première crise de la vache folle, en 96 », observe la responsable de Bio-jardin. En somme, la tendance vers plus de qualité se pérennise et se renforce. « Mais il n'y a pas que la qualité, il y a aussi l'équilibre alimentaire. Les gens mangent mal, ils oublient les légumes de saison, les légumes secs », des produits non-transformés qui nécessitent d'être cuisinés un peu plus lontemps. Bref, entre la qualité, l'équilibre alimentaire et le goût, le combat contre la « malbouffe » est loin d'être gagné...
Le choix de produits bio s'élargit tous les jours.











