L'ancien meneur de jeu tchèque du Racing tiendrait la corde pour succéder à Claude Le Roy, en instance de départ. Les noms de Lozano (Calais), Osim (Sturm Graz), Bianchi (Boca Juniors) et Giresse (ex-Toulouse) circulent aussi.
C'EST toujours comme ça : le calme avant la tempête. En période de crise et de changement imminent, Patrick Proisy, le président du Racing « retranché » dans son bureau parisien, se mure dans le silence, faisant savoir aux journalistes, par la voix sucrée de son assistante, qu'il ne souhaite pas s'exprimer.
Connaissant le personnage, le patron d'IMG/France adoptera sans doute la même attitude discrète jusqu'à l'annonce du limogeage de Claude Le Roy - dont le principe semble arrêté - et l'arrivée de son successeur. Mais il n'empêche que l'ancien tennisman a déjà tendu ses lignes pour ferrer le poisson capable de remonter à la surface un Racing en passe de se noyer. A priori, personne n'a encore mordu à l'hameçon. Ce qui expliquerait que soit différée toute communication officielle. Pour combien de temps ? Pas sûr que la situation se décante dans les prochaines heures, ni même dans les prochains jours. À telle enseigne que Le Roy pourrait encore tenir les rênes de l'équipe dimanche à Auxerre.
Hasek : « Ce serait très intéressant »
Mais les tractations battent leur plein, même si les différents intervenants du (es) dossier (s) se montrent, logiquement, peu bavards. Patrick Proisy n'en a pas moins défini le profil de son futur technicien. Il privilégierait un coach ayant une bonne connaissance du club, pour y avoir évolué comme joueur. En tête de liste apparaîtrait ainsi Ivan Hasek, l'entraîneur du Sparta Prague, coach-adjoint de la sélection tchèque et meneur de jeu du RCS de 1990 à 1993. Sous contrat jusqu'en juin 2001, Hasek vient d'être éliminé avec son club en Ligue des Champions (par Arsenal et la Lazio). Au contraire d'Ivica Osim, l'une des autres figures du passé strasbourgeois, lui aussi sur les tablettes présidentielles. À la tête du Sturm Graz, il vient de se qualifier pour la 2e phase de la Champions'League. Et on le voit mal y renoncer pour accourir au chevet de l'avant-dernier de D 1 française, fût-il son ancien club. Évidemment, Hasek, certes net leader d'un championnat tchèque qu'il a remporté ces deux dernières saisons, n'est pas placé devant le même choix cornélien. Et voilà peut-être pourquoi il paraît gêné aux entournures pour évoquer ses contacts avec Strasbourg. « Bien sûr, je suis un grand supporter du Racing. J'ai d'ailleurs vu le résumé contre Bordeaux, comme d'autres avant, parce que je suis toujours la D 1 française. J'ai aussi entendu parler de l'intérêt du Racing à mon égard, mais il n'y a rien de concret. Ce serait très intéressant pour moi. Mais je ne pense pas pouvoir me libérer avant cet été. Et puis, rester au Sparta, c'est pratiquement avoir la garantie de disputer la Ligue des Champions chaque année et, de toute façon, je n'ai pas encore discuté avec mes dirigeants. Mais bon, je souhaite bonne chance au Racing dimanche à Auxerre.»
Bianchi inaccessible ?
Autre ancien Racingman (en 1979-80) que Patrick Proisy aurait couché sur son calepin : Carlos Bianchi, 386 buts dans sa carrière, 5 fois meilleur buteur de D 1 française, vainqueur de la Coupe intercontinentale avec Velez Sarsfield (et... Chilavert) en 1994, de la Copa Libertadores 2000 avec Boca Juniors qui disputera d'ailleurs le 28 novembre la finale intercontinentale contre le Real Madrid. Sous contrat à Boca jusqu'en décembre 2001, Bianchi est l'entraîneur le mieux payé d'Argentine. Et si une nouvelle expérience en Europe semble le séduire, après celle ratée à la Roma en 1997, son standing lui permet d'attendre les offres des grands clubs du Vieux Continent. Difficile, donc, d'imaginer le RCS emportant la décision. Reste les cas Alain Giresse et Ladislas Lozano. L'ex-international aurait des détracteurs dans l'entourage de Proisy et sa piste paraît peu plausible. Quant à l'emblématique entraîneur calaisien (voir encadré), finaliste de la Coupe de France 2000 et leader en CFA (dans le groupe du Racing 2 et du FCM), il présente l'avantage d'être facilement disponible et, sans doute, pas trop cher, mais est pénalisé par son inexpérience du haut niveau et sa méconnaissance du dossier strasbourgeois. Dans l'esprit des dirigeants alsaciens, il ne serait qu'une solution de rechange. Du reste, si, d'aventure, la piste Hasek s'évanouit, qui sait si un invité surprise, gardé au chaud par Proisy, ne viendra pas mettre tout le monde d'accord ?
Les Strasbourgeois sont au repos aujourd'hui et reprendront l'entraînement demain matin. Pour tenter d'apporter un début de solution à leur situation catastrophique, les joueurs ont pris l'initiative de déjeuner ensemble ce mercredi midi.
Ivan Hasek (à gauche), vainqueur avec le Sparta Prague du Racing en amical le 14 juillet à Haguenau (3-2), fait figure de favori. À condition que son club, éliminé en Ligue des Champions, accepte de le libérer. Quant à Ladislas Lozano, l'entraîneur de Calais, il semble n'être qu'un recours.











