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Edition du mardi 14 novembre 2000

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Le salaire de la sueur

Le travail en prison n'est plus obligatoire depuis une dizaine d'années. Mais il est réclamé par une grande majorité des détenus, n'étant plus, comme le précise la directrice de la Maison centrale, Valérie Decroix, « considéré comme un élément de la peine mais comme un moyen d'améliorer les conditions d'existence ». La prison d'Ensisheim travaille avec une dizaine d'entreprises, dont trois emploient à elles seules quelque 80 détenus. Parmi les « petits » employeurs, se trouvent des sociétés informatiques, pour lesquelles une douzaine de condamnés font de la programmation depuis leur cellule. Les salaires varient selon les entreprises. « On négocie un tarif de base à 21 F de l'heure, soit environ 50 % du SMIC », explique Alain Cacheux.« C'est un peu le ''SMIC prison''... Mais une de nos entreprises les paie au SMIC normal. Et puis les salaires peuvent augmenter selon le rendement de l'équipe ». Sur chaque paye, 10 % sont reversés au dédommagement des parties civiles, s'il y en a (ce geste peut valoir des remises de peine), et 10 % sont mis automatiquement de côté pour le jour de la sortie. « L'administration ne gagne rien sur ces emplois. On sert juste de boîte à lettres.» Les relations contractuelles sont passées entre la société et la prison et non avec chaque détenu, même si ceux-ci développent, au fil du temps, une certaine culture d'entreprise : « L'un d'eux travaille pour la même société depuis quatorze ans ! Dans l'atelier électricité, un tiers des 36 ouvriers sont des condamnés à perpétuité... C'est d'ailleurs un des avantages qu'ont ceux qui collaborent avec nous : la stabilité du personnel...»

H. de C.

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L'usine en prison

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La grogne des robes noires

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