Le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens est tellement mal en point qu'on ne pourra sans doute pas le sauver avant longtemps. Alors que l'on voulait entretenir encore quelque espoir et espérer qu'un Shimon Pérès pourrait retourner la situation, il semble bien que le conflit ait pris, depuis la fin de la semaine dernière, un tour nouveau : l'intifada tourne à la guerre. Une vraie guerre où, des deux côtés, on emploie les armes, on tire des balles réelles. Les jeunes lanceurs de pierres palestiniens cèdent de plus en plus la place à leurs aînés qui ont sorti, comme on le craignait, fusils et kalachnikovs. Hier, trois Israéliens ont été tués par balles. Un pas de plus dans l'escalade, dans ce cycle infernal de la violence. Tout a basculé le 9 novembre quand un hélicoptère de l'armée israélienne a tiré un missile contre une voiture, tuant Hussein Abayat, le chef militaire du Fatah pour le sud de la Cisjordanie. Fidèle à sa politique de toujours, Israël « punissait » le responsable d'actions meurtrières menées contre les siens. Une action approuvée par tous, y compris les « colombes », un geste qui posait des « questions graves » à Washington, un « grave incident » selon Paris. Dès le lendemain, les Palestiniens sortaient les armes et la paix reculait au point de n'être plus visible sur l'horizon proche-oriental. De représailles en provocations, d'attentats en « punitions », la situation ne peut que s'aggraver et la liste des victimes s'allonger dramatiquement. On ne peut guère compter sur une action du Conseil de sécurité de l'ONU -qui n'a jamais rien tenté- pour ramener le calme.Et la drôle de situation intérieure américaine enlève momentanément beaucoup de poids à Washington. Arafat ne peut plus guère reculer et Barak, qui a donné l'ordre à l'armée de répondre aux violences, se montrera encore plus inflexible si de nouveaux Israéliens sont tués. « La violence doit d'abord cesser » affirme Jerusalem, mais ne serait-ce pas précisément aux Israéliens, dont la force est sans commune mesure avec celle des Palestiniens, de faire un geste, de retirer leurs soldats des endroits sensibles ? Israël n'aurait-il rien compris à la mentalité, au caractère de ces gens désepérés qui leur font face ? La paix s'éloigne, la guerre s'apprête, si l'on ne fait rien, à remplacer l'intifada. Et la faute en revient aux responsables politiques. Car cette nouvelle folie était évitable. Mais les calculs politiques et politiciens ont prévalu. Et la violence a engendré et engendre une violence de plus en plus forte...











