Renée Maréchal, qui accusait les HLM du Territoire de ficher ses locataires vient de se faire rappeler à l'ordre par le président de l'Office. Ce dernier indique que les enquêtes ne sont menées qu'en cas de troubles de voisinage.
AU DÉBUT du mois, Renée Maréchal, qui est membre du conseil d'administration de l'office HLM du Territoire de Belfort, a jeté un pavé dans la mare (notre édition du 1er et 2 novembre). Élue depuis un an sur la liste Droit au logement, elle révélait l'existence d'un fichier des locataires, composé de dossiers individuels sur lesquels les gardiens d'immeubles porteraient des appréciations susceptibles d'avoir une incidence sur l'attribution d'un logement.
En fin de semaine dernière, Renée Maréchal a reçu un courrier de Michel Plomb, le président de l'office HLM, visiblement courroucé de la prise de position publique de l'élue. Il lui écrit : « Les faits reprochés sont dénués de tout fondement, tant en ce qui concerne l'accès au dossier individuel des locataires, que les éléments soumis à l'appréciation de la commission de conciliation. » Et d'ajouter :« vous ne pouvez pas être membre du conseil d'administration (...) et vous prévaloir de votre titre pour laisser courir dans la presse des rumeurs qui tendraient à laisser croire que l'Office pratique certaines formes de discrimination à l'égard de ses locataires. »
Rendre des comptes
Sur ces deux points l'élue du DAL contre-attaque : « Je ne dénonce pas les concierges et les chefs d'agence qui font leur travail de leur mieux, mais j'attire l'attention sur ce que leur demandent les responsables de l'Office. J'ai été élue par les locataires pour les représenter et aussi pour rendre des comptes sur le fonctionnement de l'Office. D'une manière générale, dans notre société, je pense que les élus ne rendent pas suffisamment de comptes. » Et de poursuivre :« J'ai contacté l'union nationale des HLM, à Paris, et on m'a indiqué que -sauf informations nominatives concernant les locataires- les élus ne sont pas tenus à la confidentialité. » A la suite des révélations de Renée Maréchal, Yves Ackermann, chargé de mission auprès du directeur général de l'Office, avait indiqué que les dossiers personnels de chaque locataire étaient accessibles sur une simple demande, dans les différentes agences. Sur ce point, l'élue du mouvement Droit au logement, apporte une nouvelle précision : « D'après les dires de certains chefs d'agences, ces dossiers sont composés de deux parties. L'une est en effet consultable dans les agences, mais les renseignements confidentiels se trouvent au siège de l'Office et il est impossible d'y avoir accès. » Et de poser une question : « Pourquoi chacun peut-il prendre connaissancede son dossier des R.G. ou des dossiers des assistantes sociales et pas de ceux réalisés par les HLM ? »
Logements « massacrés »
Contacté hier matin par nos soins, Michel Plomb s'explique à son tour sur la question des fichiers. « Le problème concerne les demandes de mutations. Le droit à "l'itinéraire résidentiel choisi" existe. Mais aussi celui à la tranquillité des voisins. Avant 1988, date à laquelle je suis devenu président de l'Office, certaines personnes avaient obtenu des mutations après avoir mal entretenu -voire massacré- leur logement. j'estime que les locataires ont des droits mais aussi des devoirs. » En ce qui concerne ces enquêtes, elles sont, d'après le président, essentiellement menées à la suite de réclamations collectives des voisins. « En cas de bruit, de malpropreté, voire de délinquance, dès lors qu'il y a une plainte, nous demandons une enquête du chef d'agence ou du gardien, puis nous tentons de trouver une réponse. Dans certains cas, cela peut se terminer devant le juge pour troubles de voisinage. » Enfin, sur la question de la communication des informations, Michel Plomb estime que la confidentialité relève de la sécurité du personnel de l'Office. « Cela serait risqué de donner à un locataire qui pose des problèmes le nom de la personne qui a fait l'enquête. Même dans les locaux de l'Office, certaines personnes viennent agresser verbalement -voire physiquement- les employées du service logement. Il faut aussi penser à protéger les gardiens », conclut le président.
Renée Maréchal a reçu la semaine dernière une lettre courroucée du président de l'Office HLM du Territoire.
É.C.











