Le projet de réaménagement des boulevards Anatole-France et John-Kennedy, présenté hier en réunion publique du conseil général, a donné lieu à de vifs échanges entre majorité et opposition départementales.
SUR UN POINT au moins, les boulevards Kennedy et Anatole-France de Belfort font l'unanimité au sein du conseil général du Territoire : qu'ils appartiennent à la majorité ou à l'opposition, tous les conseillers généraux, réunis hier à l'Hôtel du Département, sont en effet convenus que cette « véritable autoroute urbaine à trois fois deux voies » exige un réaménagement, afin d'offrir une meilleure sécurité et une meilleure intégration paysagère dans son environnement urbain.
Le mal à la racine
Hélas, ce beau consensus a été mis à mal lors du débat portant sur les principaux aspects du remodelage prévu (mise en deux fois deux voies, création de stationnements latéraux, nouveaux feux de circulation et aménagement d'une piste cyclable, pour un coût global estimé à 40 millions de francs). « Vous ne prenezpas le mal à la racine, a commenté Christophe Grudler (RPR) à l'adresse du président Christian Proust (MDC). Et la racine, c'est le transit quotidien des très nombreux véhicules qui passent chaque jour par ces deux boulevards : 17 500, dont les 1100 poids-lourds. Il faut fermer le "robinet" du transit entre l'Alsace et Paris». Le conseiller général de Belfort-Est a ensuite dénoncé le rajout de nouveaux feux tricolores : « Un tous les 50 mètres, c'est la meilleure façon de détourner les automobilistes par des "itinéraires bis", dans les petites rues adjacentes.Quant aux stationnements latéraux, ils seront accidentogènes!»
Arrière-pensées
« Vos critiques sont contradictoires », a répliqué Christian Proust. « Vous nous reprochez à la fois de laisser passer la circulation de transit et de vouloir faire de ces boulevards une voirie urbaine!» Actuellement, a poursuvi le président du conseil général, 5 % des automobilistes, soit près d'une centaine de personnes par jour, roulent sur ces deux boulevards à 100 km/h ou plus. Or, la limitation y est de 50 km/h, ce qui signifie que près d'une centaine de personnes par jour se rendent coupables du délit de très grand excès de vitesse. Fort de ce constat, le président du conseil général a défendu la nécessité de stationnements latéraux, expliquant qu'ils seront créés de manière tout à fait volontaire, de même que les nouveaux feux rouges, l'objectif étant de modifier la nature de cette voirie. Et Christian Proust d'ajouter à l'intention de Christophe Grudler : « Vos interventions sont toujours négatives et je sens dans vos propos comme un "fumet municipal".» Après cette discussion pour le moins animée, le rapport concernant le projet de réaménagement des deux boulevards a néanmoins été adopté -qui l'eut cru ? - à l'unanimité.
17 500 véhicules, dont 1100 poids lourds, empruntent quotidiennement les boulevards Kennedy et Anatole-France. Deux artères particulièrement « accidentogènes » que le conseil général entend remodeler pour une meilleure sécurité.
E.D.











