Victorieux du XV de France (39-26), hier au Stade de France, les All Blacks ont pris leur revanche après la défaite concédée en demi-finale de la Coupe du monde 1999. Grâce à ce succès, les Néo-Zélandais remportent la Coupe Dave Gallaher, mise en jeu pour la première fois entre les deux nations.
PAS de doute ! La magie noire opère toujours. Les vides entrevus dans les tribunes, le 4 novembre, face à l'Australie, avaient disparu. La renommée des All Blacks, et l'odeur planante de revanche avaient suffi à remplir le Stade de France.
Les 78.000 spectateurs présents ont d'abord assisté à un duel de buteurs entre Christophe Lamaison et Andrew Mehrtens, orchestré par Wayne Erickson. Le moindre regroupement offrait à l'arbitre australien l'occasion d'intervenir. La première demi-heure fut ainsi constellée de pénalités. Pas de jaloux. Lamaison ouvrit le score, puis donna six longueurs d'avance au XV de France (9-3, 10e). Mais Mehrtens remit son équipe à niveau (12-12, 24e), et lui donna même trois points d'avance (15-12, 33e). Il fallut attendre trente-cinq minutes pour voir la première action construite : un beau renversement d'attaque français, conclu par un sauvetage de Marshall. Dans la foulée, le XV France imposa son dynamisme, mais laissa échapper plusieurs occasions de conclure, le plus souvent par précipitation.
La vision de Marshall
Au milieu de ces intentions enfin permises, un placage de Franck Comba, le plus petit joueur sur le terrain (1,71 m, 82 kg), sur le phénoménal Lomu (1,98 m, 121 kg), placé en débordement, fit lever le Stade de France de satisfaction et de soulagement. Grâce à ce placage décisif, le XV de France ne comptait que trois points de retard à la mi-temps (15-12). Un peu de jeu, une intervention de M. Erickson... Le match suivit le même rythme en début de seconde période. Mehrtens ajouta une sixième pénalité (18-12, 42e). Ironie de l'histoire : les Néo-Zélandais ont inscrit le premier essai du match, à la suite d'une nouvelle pénalité. Marshall, profitant d'un moment d'inattention de la défense française, amorça l'attaque depuis ses 40 m. Premier servi, Cullen déchira le rideau bleu, et prolongea pour Umaga, qui, d'un cadrage impeccable, envoya Howlett entre les poteaux (49e). La transformation de Mehrtens, puis une septième pénalité de Mehrtens, offrit une avance confortable aux All Blacks (28-12, 50e).
Deux essais à deux
Seize points à remonter en trente minutes : la tâche s'annonçait délicate. Le XV de France s'y attelait bravement, mais gâchait plusieurs occasions de conclure, par Bory et Magne (54e). Les Français laissaient également filer quelques précieux ballons, en raison d'une conquête en touche déficiente. Les All Blacks, eux, saisissaient toutes les occasions, et Mehrtens passait sa huitème pénalité (31-12, 60e).Puis, après cinq minutes de pilonnage stérile sur la ligne néo-zélandaise, les Français ont encaissé un deuxième essai, sur un contre, conclu par l'arrière Christian Cullen après une passe visiblement en-avant de Lomu (69e). Les All Blacks comptaient alors vingt-sept points d'avance (39-12, 74e). Ils l'ont finalement emporté avec treize longueurs d'avance, après que Philippe Bernat-Salles, placé en débordemenent, et Fabien Pelous, propulsé derrière la ligne par tout le pack (80e), aient donné au score des proportions plus justes. Deux essais qui n'ont pas empêché les All Blacks de s'offrir un tour d'honneur au Stade de France. Et de saluer leurs supporters qui brandissaient un drapeau noir, sur lequel se détachaient sept lettres blanches : « Revenge » (revanche).
Anton Oliver, le talonneur néo-zélandais dans les griffes de Franck Comba : la combativité et la hargne du Parisien n'ont pas suffi. Hier soir, les Tricoiores ont été impuissants face au réalisme de leurs invités...
AFP











