Les Mulhousiennes ont réussi un set d'enfer face aux championnes de France pour enthousiasmer un nombreux public mais sans pouvoir lui offrir mieux face à des Cannoises impressionnantes par moments.
AVANT les retrouvailles d'hier soir au Montaigne, la dernière fois que Vlado Tallo et Yan Fang, respectivement entraîneurs de l'ASPTT Mulhouse et du Racing Cannes, se sont rencontrés, c'était en Coupe d'Europe des clubs champions à l'occasion d'un match Bratislava-Cannes. Pour les joueuses, il s'agissait de la finale de la Coupe de France... Aujourd'hui, ces rendez-vous garnissent les albums de souvenirs et semblent bien lointains. La prestation courageuse des Mulhousiennes n'effacera pas les carrences d'une réception toujours fragile, d'un poste 4 qui manque de poids et de centrale improvisée. Une fois ces limites acceptées, l'ASPTTM a fait un match honorable justifiant l'ovation d'un public tout acquis à sa cause.
Dignes de l'affiche, les Mulhousiennes ont entamé les débats à cent à l'heure avec une prise de risques maximum. Un rythme sans commune mesure avec la valse d'hésitations de la dernière sortie au Montaigne. Déchaînée, comme elle sait l'être dans les grandes occasions, Térésa Worek provoquait le premier break au service (0-1, 6-1) et contribuait à la suite en démarquant remarquablement les Gisèle Polimeni, Natalia Novikova et Marion Screpel. Régulièrement, le contre cannois se prenait au piège du premier temps pour, finalement, ne jamais parvenir à renverser la tendance (8-4, 13-8, 16-10, 20-13). Beaucoup plus efficace au service, avec notamment Vittoria Ravva et Laurane Meslier de Rocan, Cannes comblait l'écart (21-20). Mais la judicieuse rentrée en jeu d'Audrey Syren et encore Térésa Worek au service plaçaient l'ASPTTM en position de force (24-20). Zdenka Vlckova sauvait la première balle de set mais Gisèle Polimeni ne ratait pas l'occasion de conclure sur l'échange suivant (25-21). Le deuxième set démarrait sur le même ton (4-1, 5-2). Le soutien d'un formidable public, qui occupait le moindre recoin jusque dans les escaliers, ne suffisait pas à porter les Mulhousiennes vers l'impossible exploit. Gisèle Polimeni, l'une des meilleures joueuses hier soir, obtenait une dernière égalité (7-7) avant l'échappée cannoise. Laure Koenig, gentillement chambrée par les supporteurs locaux, luttait courageusement contre la pression du retour à la maison. De son côté, Vittoria Ravva ne s'en laissait pas conter pour dominer partenaires et adversaires (21 attaques gagnantes et 5 contres sur l'ensemble du match). Les énormes possibilités cannoises avec Guskova, Vlckova (6 contres gagnants), Fomina, bien exploitées par Monica Kulova, se traduisaient à la marque (12-21, 15-25). Au retour des vestiaires, après les dix minutes de pause, la supériorité cannoise allait être encore plus évidente. Yan Fang avait distribué judicieusement ses consignes. En deux temps très précis, Cannes allait porter l'estocade. De 9-15 à 9-23 au troisième set et de 13-13 à 13-18 dans la dernière manche. Ces handicaps, l'ASPTTM ne parvenait plus à les combler malgré les quelques rares initiatives qui s'offrent à Vlado Tallo et qu'il a prises à l'image de l'intronisation réussie d'Anna Rybaczewski au poste de libero.
Les dix attaques gagnantes de Marion Screpel n'ont pas suffi à l'ASPTT Mulhouse pour venir à bout du RC Cannes.
Daniel Schmitt











