Chaque année en Alsace, une soixantaine d'adultes demandent le baptême à l'Eglise catholique. Leur préparation dure alors entre un et deux ans. Souvent, il s'agit de l'aboutissement d'un long parcours spirituel.
Les premiers baptêmes d'adultes remontent à la période de l'après-guerre. Leur nombre n'ont alors ensuite pas cessé de croître. Néanmoins depuis deux ou trois ans le frère Arnaud de Coral, responsable du cathécuménat dans le diocèse de Strasbourg note une stagnation des demandes.
« Il n'y a pas eu d'impact des JMJ. En fait, les personnes qui vont aux Journées mondiales de la jeunesse n'ont pas le même profil que les futurs baptisés. Ils ne viennent pas des mêmes milieux. Souvent, les JMJ attirent des étudiants or la moitié des demandes de baptêmes sont formulées par des personnes issues de milieu ouvrier. » Le frère se risque alors à une explication même si le phénomène reste encore mystérieux. « Je pense que pour les gens de milieu plus simple, la démarche de foi se traduit plus facilement par une demande de baptême parce que cela signifie le rattachement à une institution. Quelquefois, ces personnes ont un parcours compliqué et le baptême constitue une étape qui contribue à les remettre dans les normes. »
Les trois sacrements en même temps
Dans la majorité des autres cas, la démarche engagée vers l'Eglise est liée à un évènement particulier qui joue le rôle d'un révélateur : souvent le mariage, la naissance d'un enfant ou encore un deuil. Les adultes reçoivent alors après un à deux ans de préparation les trois sacrements d'initiation, baptême, première communion et confirmation. Ils sont une soixantaine dans la région chaque année à faire cette démarche. Marie-Claire Cann s'est fait baptiser cette année à l'âge de 33 ans lors de la veillée pascale en même temps que sa fille. C'est au moment de son mariage que Marie-Claire a demandé le baptême. « C'était la suite logique d'une quête spirituelle commencée depuis longtemps, la quête d'une vie nouvelle, le baptême c'était un accomplissement. »
« Avoir la foi, c'est la partager »
Un sentiment partagé par Yasmine Yerrou, une jeune femme de 26 ans qui elle sera baptisée à Pâques prochain. « Ça tombait sous le sens d'aller vers l'Eglise. Ça a mûri un certain temps. J'ai reçu une éducation laique, mais depuis plusieurs années, je me suis sentie attirée par Dieu. J'ai ressenti très fortement sa présence. Désormais, j'essaie d'apprendre l'humilité, le don d'amour pour le prochain. » Désormais néophyte, Marie-Claire, elle, se dit plus sereine, prête à affronter la mort. « Avoir la foi, c'est d'abord la partager. La foi se vit minute par minute. Tous les jours, c'est avoir une pensée, une prière. » Le résultat de ce cheminement spirituel, Marie-Claire le doit aussi en partie à ses accompagnateurs, des chrétiens laïcs qui animent les réunions mensuelles de préparation. « Je joue le rôle d'une cathéchiste, mais au niveau des adultes, explique Elisabeth Weller, accompagnatrice dans le diocèse de Mulhouse depuis sept ans. J'essaie de répondre aux questions, quelquefois, "je sèche". Mais surtout cette expériencem'apporte beaucoup. De voir des gens arriver avec une foi encore naissante, ça me conforte. » Et Elisabeth Weller de rappeler, pour donner la mesure de l'importance des accompagnateurs qu' « un chrétien seul est un chrétien perdu. »











