La vie n'a pas été un long fleuve tranquille pour les vitraux de la cathédrale de Strasbourg. De même que l'histoire du bâtiment elle-même, ponctuée de nombreux épisodes plus ou moins dramatiques (guerres, bien sûr, mais aussi incendies). En tout cas, il ne reste presque plus rien sur les verrières aujourd'hui des verres d'origine du XIIe siècle. Le XIIIe siècle a connu une grande campagne d'installation de vitraux, complétée au XIVe, justement par les verrières si malades du bas-côté sud, ce qu'on appelle les séries mariologique et christologique (images de la vie de la Vierge et du Christ). Tandis que sur le bas-côté nord, ce sont plutôt des évêques et des saints que les verrières évoquent. D'autres vitraux ont été installés plus tard, comme par exemple ceux de la chapelle Saint-Laurent (ancienne chapelle Saint-Martin) au XVIe. Toujours en simplifiant, on peut dire que jusqu'au XIXe, dans le domaine des verrières, tout s'est résumé à de l'entretien. Au XIXe, l'architecte Klotz a lancé un vaste programme de recomposition des vitraux pour pallier la présence de beaucoup de verrières blanches. La dernière importante et périlleuse péripétie pour les verrières a évidemment été la Seconde Guerre mondiale. Les vitraux ont été démontés en 1940, évacués vers le château de Hautefort, en Dordogne, où les Allemands les ont récupérés par la suite avant de les transporter -une fois de plus- pour les stocker dans une mine de sel vers Heilbronn. C'est là que les précieux décors ont été récupérés par les Américains et ramenés à Strasbourg. Ils ont été remontés peu après la guerre à l'initiative du ministère de la Culture. On les a réinstallés selon les techniques de l'époque, sans bénéficier donc de la technologie de pointe développée depuis. Mais comme le bâtiment lui-même, dont pas mal de secteurs nécessitent maintenant eux aussi des travaux de sauvegarde importants, les vitraux doivent affronter au quotidien un grand danger : la pollution...











