Samedi dernier, Bernard Struber est revenu au caveau avec ses musiciens habituels et deux complices supplémentaires : Michel Edelin, à la flûte et François Merville, à la batterie.
MICHEL EDELIN, c'est le flûtiste inspiré qui était venu subjuguer un petit public dans un duo avec le contrebassiste Mechali en février 1998. François Merville est habituellement le batteur de Louis Sclavis. Le répertoire du concert de samedi a donc rassemblé des pièces tirées de l'album « Le Phare » co-écrit par Bernard Struber et Louis Sclavis et des compositions de Michel Edelin. Le caveau était plein. Bernard Struber est apprécié à chacun de ses passages, parce qu'il sait s'entourer des meilleurs musiciens : Benjamin Moussay, au piano, est en verve, brillant dans la précision rythmique ; à la clarinette basse, Jean-Marc Foltz, aux saxos, Roby Glod et Raymond Halbeisen ; au violon, Frédéric Norel, à la trompette, Serge Haessler, et à la contrebasse, Jérémy Lirola. Michel Edelin a un duo plein de poésie avec Jean-Marc Foltz : jeux de bruits de clapets, onomatopées soufflées dans l'instrument, doublages vocaux… Et le solo de Bernard Struber à la guitare en a dit long sur la musique qu'il aime : arpèges qui coincent, jolies tierces qui foirent, et une sonorité au velouté douteux qui se détraque dans un rythme martelé : la musique de Struber est un mélange de hargne et de poésie. Il ne perd pas trop de temps à détruire la musique facile des rock stars de salon. Il est un inventeur, et tous les musiciens qu'il invite ont cet optimiste qui fait de leur jazz une partie de plaisir.
Une partie de jazztett.
Philippe Bader











