Pas moins de 172 tireurs de toute l'Europe (ou presque) se sont retrouvés pour la neuvième édition de l'European tir police, samedi au Fort la Chaux à Grand-Charmont. Étonnant et pétaradant.
I ls ont un faible pour le pistolet automatique 9 mm, parlent du tir comme d'autres parlent d'amour, avouent tout de go « c'est la passion qui nous tient » et affichent le même leitmotiv : « conserver son sang-froid, maîtriser ses émotions, canaliser l'adrénaline face aux situations les plus risquées».
Les situations à risques, ils y sont confrontés sinon au quotidien, du moins assez souvent : guérilla dans les cités, attaque de banque ou de transports de fonds, etc. Eux, ce sont les participants de l'European de tir police, neuvième du nom, une compétition sur parcours de tir organisée par le club de tir du fort la Chaux. Des tireurs qui ont un point commun. Tous font partie des forces de l'ordre. Pêlemêle, on croise sur son chemin des policiers de la PJ de Versailles, des brigades anticriminalité de Toulon, Marseille ou de Lyon, des moniteurs de l'école de Saint-Cyr, des unités spéciales parisiennes, des douaniers comme l'Allemand Marcus Wegener, de la brigade des stups de Stuttgart, vainqueur l'an dernier de l'European, etc. Une compétition qui porte d'ailleurs bien son nom puisque les tireurs viennent d'un peu partout en Europe : d'Allemagne et de Suisse, de Belgique et du Luxembourg, de Hollande et de France évidemment. Pas de tireurs locaux ou régionaux pourtant. Comme quoi nul n'est prophète en son pays.
Victime de son succès
C'est comme ça. Le président du club de tir, Denis Demarcy qui succède à Pierre Schlatter, n'en fait pas un fromage. D'autant que la compétition n'attend pas sur les candidats du cru pour se tailler un solide succès. A tel point que les inscriptions doivent être limitées. 172 tireurs se sont inscrits. Autant ont été refusés. Faute de place. « Tous les sportifs présents au Fort la Chaux sont vraiment des passionnés. Certains n'ont pas hésité à faire 1500 km pour participer à la compétition » assure Denis Demarcy. Il faut bien avouer que cette épreuve de tir vaut son pesant de cartouches 9 mm. Rien à avoir avec du tir statique face à une cible rondelette. Les tireurs sont confrontés à des situations comme pour de vrai : prise d'otages dans une prison, tir depuis une voiture dont le pare-brise a volé en éclats, attaque d'une banque etc. Ils bougent, sautent, courent, grimpent, escaladent et tirent au gré de neuf matches différents. C'est très physique. Il faut avoir l'oeil partout, ne pas se tromper de cibles (tuer les gentils au lieu des méchants), gérer le stress. Des as, à tout le moins. La compétition se poursuit aujourd'hui dimanche dans les enceintes fortifiées de Grand-Charmont.
Comme pour de vrai, les tireurs sont confrontés à diverses situations : guérilla dans une cité ou prise d'otages dans une prison. Un entraînement pour ces policiers adeptes du parcours de tir.
Françoise Jeanparis











