Les rangers ont martelé le macadam de la place Saint-Martin, les coups de canon ont retenti au château, une flamme s'est allumée au square du Souvenir... Montbéliard commémorait hier matin l'armistice de novembre 1918.
INUTILE de les chercher dans les rangs des anciens combattants rassemblés samedi matin au pied de l'hôtel de ville. Physiquement, les Poilus de la Grande guerre ne s'y trouvent pas. Normal. Ceux qui avaient une vingtaine d'années en 14-18 seraient aujourd'hui plus que centenaires. N'empêche qu'ils sont là quand même. Par le souvenir. Par les pensées qui volent vers ces Poilus broyés par une machine infernale, une machine effroyable. La guerre.
« Nous penserons toujours à votre sacrifice. Vous avez, avec votre sang, avec vos souffrances, écrit une des pages les plus douloureuses de l'histoire du continent européen. Une histoire marquée à jamais par la grandeur de votre sacrifice. A nous le souvenir, à vous l'immortalité », souligne le sénateur-maire Louis Souvet. Parce que « la paix n'est pas un dû » -à preuve les événements au Moyen-Orient-, qu'elle doit sans cesse être préservée, cultivée dans les jardins du monde pour que germent la tolérance, la compréhension et le respect des différences, un message universel a été lancé le 11 Novembre 2000. Un message de paix, qui prend toute sa dimension à Montbéliard, berceau du premier jumelage franco-allemand. La tête dans les étoiles du drapeau européen, qui flottent au dessus de leurs têtes, les enfants des écoles regardent, écoutent l'histoire de cette grande guerre. Il y a là les gamins de la Gauloise, ceux de l'école primaire du Coteau-Jouvent. Il y a là aussi les parents, les élus, les militaires du 1er régiment d'artillerie commandé par le colonel Guillet, les sapeurs-pompiers et tous les citoyens pour qui le 11 Novembre n'est pas seulement une date sur le calendrier, pas seulement un jour férié (sauf pour les commerces pour qui l'Armistice rime désormais avec business, ce que certains ont qualifié de choquant), mais la journée du souvenir, du devoir de mémoire pour que plus jamais les canons ne tonnent en Europe.
Distinctions
Une cérémonie jalonnée par divers événements. A commencer par la remise des insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Egidio Rossi, combattant d'Indochine et d'Afrique du Nord (notre précédente édition). Les insignes lui ont été remis par le général Bataille alors que le colonel Guillet a épinglé huit médailles. La croix du combattant à MM. Bornot et Schnekenburger, la médaille de la Défense nationale au capitaine Petit, au lieutenant Duhem et à l'adjudant Colombain, la médaille d'argent au chef Blaisot et brigadier-chef Marline, la médaille de bronze au caporal Blondel. Passée la revue des troupes, effectuée en présence notamment du ministre des Affaires européennes Pierre Moscovici, le cortège s'est rendu au square du Souvenir. Une plaque comportant huit noms y a été apposée. Les noms de huit Montbéliardais décédés dans les camps de la mort ou sur le terrain des conflits. Le dernier acte de la commémoration s'est joué au temple Saint-Georges où la ville a tenu à remettre la médaille d'honneur à Georges Même, ancien capitaine d'escadron au 1er régiment de chasseurs et président de l'association des anciens combattants depuis trente ans. Un homme ouvert, tolérant et rassembleur. Enfin, comme le soulignait fort justement le sénateur-maire Louis Souvet en citant l'historien Braudel « le présent sans le passé n'a pas d'avenir». D'où l'importance de cette commémoration. C'est sur les fondations de la mémoire que, pierre après pierre, doit se construire un monde de paix.
Enfants des écoles et jeunes sportifs de la Gauloise regardent, écoutent l'histoire de la Grande guerre.
Photos Françoise Jeanparis
Egidio Rossi a reçu les insignes de la Légion d'honneur remises par le général Bataille.
Au square du Souvenir, une nouvelle plaque a été apposée. Elle porte les noms de André Duffermont, Pierre Serrieyes, Delphine Levy, Clémence, Renée et Gustave Greilsammer, Jeannette Raffel et Jean-Marie Thiebaud, tous décédés dans les camps de la mort ou au combat.
Croix du combattant et médailles de la défense nationale ont été remises place Saint-Martin.











