Entre ballades rêveuses et rythmes africains, le nombreux public beaucourtois a apprécié, vendredi, cette chaude soirée avec un Henri Dikongué au sommet de sont art.
Après Geoffrey Oryema l'an passé, la chanson africaine était de nouveau à l'honneur, vendredi, avec Henri Dikongué, au foyer Georges-Brassens. « Je suis venu de mon Cameroun natal faire des études de droit, et je me retrouve quelques années plus tard sur une scène devant vous », annonce presque timidement l'artiste. « C'est la vie », comme le chante Henri, chanson issue de son deuxième album, un véritable oasis de bonheur, une sublime ballade célébrant la naissance de son enfant. « Lo tapon lo langwea mba na, Ponda lo mende no o wo, na mende taka ce » ; traduction : « Vous m'aviez prévenu que lorsque vous ne seriez plus de ce monde je souffrirais. » Les premières paroles de sa première chanson rappelle que lorsque le jeune Dikongué s'ennuyait ferme à la fac, il taquinait sa guitare pour retrouver dans sa tête les lambeaux de chansons qu'en sa terre natale il avait tissées.
Voix de velours et musique de soie
Ambiance africaine bien sûr, même dans les gradins ou devant la scène. Il invite le public (et les jeunes du collège Saint-Exupéry ne se sont pas fait priés) à venir danser, taper dans les mains, reprendre les refrains. Avec sa voix de velours sur une musique de soie, Henri Dikongué invente une nouvelle façon de faire de la musique africaine. On apprécie cette touche de classique, de blues et de reggae. Le tout avec une orchestration limpide et un son acoustique bien maîtrisé. Difficile également de dissocier la superbe prestation d'Henri Dikongué, de Cathy Renoir, sa choriste attitrée à la voix prenante et au sourire omniprésent sur scène. Au fil de ses chansons, il passe de passions en fâcheries amoureuses, du solennel à l'espiègle. Car dans ses textes en Douala, la langue de son enfance, l'humour reste indissociable de ses humeurs. Et lors des rappels, l'artiste a salué Boris Mégot auteur de quelques-unes de ses chansons que les Beaucourtois ont appréciées en première partie du récital, « ce soir c'est lui la vedette », a lancé Henri.
L'humour du Bisontin
Et pourtant pour Boris, tout n'allait par pour le mieux, « Ma femme a la migraine, je lui fait de la chirurgie à main nue en me caressant la bedaine. » Le ton est donné. le Bisontin à de l'humour et du talent. D'ailleurs les Beaucourtois l'avaient déjà apprécié en premièe partie de la Tordue en 1998. Mais comme il ne joue pas longtemps, il propose tout de suite une chanson d'amour : « Massage au lait de coco » reprise en choeur par le public. « La chanson contestataire n'a plus la cote, la mode c'est maintenant la chanson contestable » et d'entonner un reggae... bavarois « qui se souciera de sa gaieté. » Et puis une chanson d'actualité pour les ados, « Ceux qui ont les pouces usés en jouant aux consoles ». Et de préciser, « de mon temps, les parents disaient parle à mon c..., ma tête est malade, maintenant ils disent parle à ma Nitendo, ma Séga est malade ! » « C'est la vie ! » Prochain spectacle : vendredi 1er décembre avec Julos Beaucarne.
Henri Dikongué, qui était accompagné par deux musiciens et une choriste, Cathy Renoir, a fait danser le public sur des rythmes africains.
Photos C. F.











