La saison 2000-2001 du théâtre universitaire de Strasbourg (Artus) lève le rideau. Brièvement, quelques pièces du programme, vues des coulisses.
NOUS PRENONS des risques. Cette saison est très riche, très audacieuse. A part deux classiques, Cyrano et Marivaux, tous les autres spectacles sont soit des créations de jeunes auteurs, soit une récréation d'un spectacle qui a eu lieu dans les semaines expérimentales. Avec toutes ces formes de spectacles, nous voulons attirer un public qui, bien souvent, ne vient voir que ce qu'il connait », estime Colette Weil, la présidente de l'Artus. Une fois soulevé le coin du voile, la programmation du théâtre universitaire a son fil rouge : l'audace. Et les auditions des comédiens sont à peine achevées que débutent les représentations de la première pièce Le souffleur d'Hamlet de l'Alsacien Michel Deutsch, mis en scène par Gilles Merle. Du 8 au 19 décembre, la pièce pleine d'humour mettra en avant ce qui se passe dans les coulisses d'une pièce, l'autre côté du spectacle, parfois plus passionnant que le spectacle lui-même. L'histoire : un directeur de théâtre décide de monter Hamlet de Shakespeare. Ce qui donne à voir une journée dans les coulisses où se croisent un pompier dislexique, une actrice sur le déclin, un répétiteur garçon boucher, un ouvrier bruyant... « En choisissant Michel Deutsch qui est un auteur local, j'ai voulu montrer au public que le théâtre alsacien est loin d'être inexistant ou vieillissant », explique Gilles Merle dont c'est la première mise en scène. En janvier, c'est au tour de Ludovic Perchot de fouler les planches de l'Artus. Avec les mots rencontres, tiré de ses propres poèmes, l'auteur est, comme il l'explique, « dans la création la plus totale. J'essaie de faire se rencontrer les « maux » et les gens, la morale et le physique. J'ai travaillé et écrit pour le spectateur. Du moins pour voir ce que j'aurais aimé voir en tant que spectateur ». Du 3 au 6 janvier, Les mots rencontres essaient par tous les moyens-vidéos, peintures, danses... de rendre le spectateur plus libre et de lui donner une véritable place dans le spectacle auquel il assiste.
Classiques
Face à ces ambitieux spectacles, deux autres dates joueront un répertoire plus classique. Du 7 au 17 février, Chantal Raulff monte deux pièces de Marivaux : Arlequin poli par l'amour et Les acteurs de bonne foi en tentant de mettre en avant « la recherche de la vérité à travers le mensonged du langage ». Cette reprise de la tâche du dramaturge du XVIIIe sera embellie par de la musique, des chansons et des danses. Et du 7 au 17 mars, Colette Weil met en scène le Cuyrano de Bergerac de Rostand. « C'est un grand spectacle populaire français. J'ai bousculé la pièce : Cyrano est décrit comme laid, dans mon spectacle il sera beau. Au lieu de montrer son côté fanfaron, on dévoilera son côté fragile, ses fêlures... Il y aura 50 personnages, joués par 30 comédiens, sur la scène de l'Artus qui pour le coup paraîtra étroite ! », explique la metteuse en scène. Christian Schmitz de son côté présente une création originale intitulée « sans faute forme du procès » du 2 au 3 mai. Et un hommage à Jean-Pierre Giraudoux met en scène une pièce de son oeuvre encore jamais représentée : immortelle du 22-23 ou 25-26 mai. On retrouve également dans la programmation, les rendez-vous traditionnels de l'Artus telles les soirées expérimentales du 4 au 5 mai où la scène est ouverte à de nouveaux spectacles, et encore la création collective de l'Artus qui reprend cette année le thème de la valise et des mots... On n'en saura pas plus, du moins avant le 25 avril, date du début des représentations. Des stages sont également proposés qui recoupent tous les arts du spectacle. Avec l'ensemble du programme tracé ici à grands traits, le plus vieux théâtre universitaire de France aspire à un but : « Faire revenir un public qui ne vient plus facilement à l'Artus », un constat que regrette la présidente. Un constat que la programmation de l'Artus se fait fort de changer à son avantage.
RENSEIGNEMENTS L'Artus - 22, rue Descartes - tél. 03.88.60.08.07.
La première pièce au programme : « Le souffleur d'Hamlet » de Michel Deutsch.
D. R.











