Un an après l'éblouissante victoire en demi-finale de la Coupe du monde (43-31), le XV de France retrouve les All Blacks, habités par un très fort sentiment de revanche (ce soir 20 h 45) au Stade de France.
LE cataclysme ! L'élimination prématurée des All Blacks, le 31 octobre 1999 à Twickenham, avait provoqué une tempête d'ampleur nationale en Nouvelle-Zélande. L'entraîneur John Hart fut contraint de démissionner quelques jours plus tard, après un nouveau revers face aux Springboks, pour la troisième place mondiale.
Son successeur, Wayne Smith, nommé en décembre 1999, s'est efforcé de calmer les appétits de revanche de ses troupes. Pas les joueurs, qui outre les quatre essais encaissés, avaient stigmatisé le comportement violent des Français. « Pour ceux qui étaient sur le terrain ce jour-là, il y a une revanche à prendre, souligne le centre Daryl Gibson. Cette défaite avait créé un tel choc chez nous !» Les survivants sont plutôt rares. Le XV de France et les All Blacks aligneront chacun sept joueurs qui avaient débuté le match au sommet du Mondial.
Le trio infernal
Un an plus tard, les Néo-Zélandais s'appuient toujours sur un trio d'attaque exceptionnel. Certes, Tana Umaga, l'homme aux dreadlocks, a quitté l'aile droite pour le centre, déserté par Christian Cullen revenu à l'arrière. Mais Jonah Lomu est resté sur son aile gauche. La puissance et la vitesse des trois hommes-clés a fait des ravages lors du Tri-Nations. Le système de jeu des All Blacks tourne autour d'eux. Contrairement aux Australiens, vainqueurs (18-13) au Stade de France le 4 novembre, les Néo-Zélandais ont un jeu beaucoup plus imprévisible. Les Français, qui ont retiré de nombreux points positifs de la défaite face aux Wallabies, devront donc démontrer de grandes capacités d'adaptation en défense. Ils devront notamment parvenir à contrer le phénomène Lomu (1,96 m, 121 kg), capable d'intervenir dans la ligne ou de rester sur son aile. Au gré des lancements de jeu.
Pour la mémoire
Apriori, le XV de France possède de solides arguments pour contrer le jeu des Néo-Zélandais, qui ont alterné les performances impressionnantes et les déceptions, lors du Tri-Nations 2000, remporté par les Wallabies. La rigueur défensive affichée face aux Australiens a conforté les joueurs français. En revanche, le XV de France, qui enregistre le retour en deuxième ligne de David Auradou préféré à Olivier Brouzet pour ses qualités dans le jeu aérien, devra impérativement surveiller son comportement et soigner le réalisme. Enfin, la capacité du pack à conquérir des ballons, à imposer sa puissance et son dynamisme, face au paquet néo-zélandais amputé de ses deux piliers titulaires, Hoeft et Meeuws, constituera l'autre clé du match. Les Français, qui retrouveront les All Blacks en test-match le 18 novembre à Marseille, devront également répondre présents dans le combat, qui s'annonce particulièrement furieux. Les All Blacks ont d'ailleurs puisé une source de motivation dans l'histoire de leur pays. Apeine débarqués en Europe, ils se sont recueillis dimanche dernier sur les tombes des soldats néo-zélandais tombés pendant la Première guerre mondiale. Ils ont notamment rendu hommage à Dave Gallaher, capitaine de la première équipe des All Blacks victorieuse en France (38-8) en 1906, et décédé en 1917 sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. Un « Trophée Dave Gallaher », qui devrait être remis en jeu chaque année, récompensera le vainqueur de ce match. Les All Blacks aimeraient bien remporter la première édition. Pour l'histoire et la mémoire des soldats tombés pendant la Grande guerre. Mais surtout pour oublier un certain 31 octobre 1999.
LES ÉQUIPES
France : 15. Garbajosa - 14. Lombard, 13. Comba, 12. Dourthe, 12. Bory - 10. (o) Lamaison, 9. (m) Galthié - 7. Magne, 8. Juillet, 6. Moni - 5. Pelous (cap.), 4. Auradou - 3. Califano, 2. Landreau, 1. Marconnet Nouvelle-Zélande : 15. Cullen - 14. Howlett, 13. Umaga, 12. Gibson, 11. Lomu - 10. (o) Mehrtens, 9. (m) Marshall - 7. Robertson, 8. Cribb, 6. Thorne - 5. Maxwell, 4. Blackadder (cap.) - 3. Somerville, 2. Oliver, 1. Feek Arbitre : M. Erickson (Aus) Remplaçants : France : 16. Azam, 17. De Villiers, 18. Brouzet, 19. Betsen, 20. Carbonneau, 21. Delaigue, 22. Bernat-Salles Nouvelle-Zélande : 16. Hammett, 17. Slater, 18. Flavell, 19. Randell, 20. Kelleher, 21. Spencer, 22. Reihana
Bernard Laporte, le sélectionneur du XV de France qui, a priori, possède de solides arguments pour contrer le jeu des Néo-Zélandais.
AFP











