Yves Duteil est un homme peut-être un peu plus fascinant que d'autres dans le monde du show-bizz. Il est bien sûr, l'artiste que tout le monde connaît, mais il est aussi le maire de Precy-sur-Marne, une petite localité de 500 habitants, bordée d'un côté par une rivière, de l'autre par un canal. Est-il un maire plutôt « cool » ou plutôt rigoureux, il élude la question. « Entre l'artiste et l'élu, ce sont deux mondes différents et on ne peut pas être un maire cool ; être maire, ça oblige à être strict. Si l'artiste que je suis se doit d'être agréable avec son public, le maire doit savoir parfois dire non... » Il reconnaît toutefois que, pour concilier ses deux vies, il doit souvent faire preuve de dextérité. Le calendrier municipal est adapté au rythme de ses galas et, de ce fait, il s'enorgueillit de n'avoir « pas manqué un seul conseil municipal depuis douze ans ». S'il se représentera à la prochaine échéance, il n'en sait encore trop rien. L'élu qu'il est n'a pas manqué d'approuver sans concession le projet de la Coupole mené à bien par ses homologues ludoviciens. « Vous savez, je crois qu'il est difficile de n'offrir aux gens que du simpliste ». Precy-sur-Marne n'abrite qu'une petite salle polyvalente « toute de guinguois ». Il lui serait facile, évidemment, de s'y mettre en scène, de temps à autre, mais... « Vous n'y pensez pas, chaque année, mes administrés seraient obligés de se farcir du Duteil ! Et puis les gens ne veulent pas forcément avoir un chanteur à la mairie. »
Commencée en octobre 99 à Bobino, sa tournée, qui vient donc de faire étape en cité des Trois Lys, est en passe de s'achever. Et ça tombe à pic, parce qu'il compte bien se retirer dans son village pour s'atteler à l'écriture de nouveaux textes. « Ça fait longtemps que je n'ai rien écrit ». Encore que la tâche, contrairement à ce que font croire ses chansons, s'apparente à une véritable corvée. « Croyez-moi, écrire est pour moi un énorme effort!» Et puis, Yves Duteil admet volontiers être devenu, par la force des choses, un farouche défenseur de l'environnement. « On a tant fini par me taxer d'écolo, que j'ai fini par le devenir ». Dans le concret et outre quelques textes choisis, ça s'officialise par le poste de président d'une association militant pour le reboisement, qu'il a fini par accepter. Le temps encore de quelques opinions, parfois bien senties comme « La chanson française est une éponge capable d'absorber tous les genres » et Yves Duteil, de loquace, devient plus laconique, dès lors qu'on tente d'en découvrir davantage sur sa vie de père de famille. Son épouse se prénomme Noëlle, il ne s'en cache pas, même sous les projecteurs. Mais sa fille? « Elle n'aime pas que l'on parle d'elle... »
Yves Duteil s'est volontiers soumis à l'épreuve des autographes.











