Le gardien paraguayen, dont la suspension a été réduite par la Fédération argentine, portera pour la première fois les couleurs du Racing dimanche contre Bordeaux dans un match retardé à 17 h 30.
JOSE LUIS CHILAVERT n'était pas inquiet. « Je savais depuis assez longtemps que je jouerais contre Bordeaux, mais je ne pouvais pas l'annoncer dans la presse tant que le fax de la Fédération argentine n'était pas arrivé.» Cette condition préalable remplie (la confirmation est tombée à 2 heures dans la nuit de jeudi à vendredi), le capitaine du Paraguay fera ses grands débuts sous le maillot du Racing contre Bordeaux ce dimanche à 17 h 30 (et non à 17 h, pour permettre aux spectateurs d'assister aux rencontres du championnat du Bas-Rhin programmées à 14 h 30).
« Je suis prêt, très content de jouer devant le public strasbourgeois et j'espère évoluer au niveau qui était le mien en Amérique du Sud », se réjouit le joker de poids du RCS (le bruit court qu'il accuserait... 103 kg sur la balance). « Je veux réaliser de belles choses avec le Racing pour l'aider à gagner. Nous avons besoin du soutien du public pour sortir le club de sa situation difficile. Il est important de battre Bordeaux.» Mercredi, pour couper court au trouble né de son arrivée avec tambours et trompettes la semaine passée, Chilavert a pris l'initiative de remettre les choses à plat avec le groupe dans les vestiaires. Histoire de crever un abcès qui menaçait de grossir encore. Il s'est enquis du pourquoi de certaines déclarations, indiquant qu'il préférait, si ses nouveaux coéquipiers avaient des remarques à lui faire, qu'elles le soient en direct plutôt que par voie de presse. « Je suis là pour apporter le maximum au club », a-t-il ajouté en substance, « je ne me considère pas au-dessus des autres joueurs. Si on doit gagner, c'est tous ensemble.» Devant le reste de l'effectif, Habib Beye, qui avait été l'un des plus virulents après l'éviction de Thierry Debes (« c'est une belle connerie », avait-il lâché), lui a répété ce qu'il précisait déjà la semaine dernière. « Personne n'a rien contre lui. C'est la manière dont les choses se sont passées qui est choquante. Il n'y a pas de problème avec Jose Luis. Il est là. Il va jouer. Tant mieux pour l'équipe, même si Eggi (Christophe Eggimann) aurait pu remplir ce rôle contre Bordeaux. « Chila » fait partie du groupe et sur le terrain, tout se passe bien.» Comme d'autres, Chilavert s'est d'ailleurs interposé entre Beye et Danijel Ljuboja hier matin à l'entraînement, alors que le ton était monté entre les deux hommes. Preuve, tout de même, qu'en ces heures sombres de l'histoire du Racing, les nerfs sont à fleur de peau. Pour remettre de l'ordre dans la maison bleue, l'apport du Paraguayen ne sera donc pas superflu (même si on ignore s'il sera suffisant). Sa frappe sur coups de pied arrêtés, qu'il travaille quotidiennement à l'entraînement, non plus. Car il ne fait guère de doute que « Chila », qui n'a jamais caché son intention d'inscrire son « 60e but dans le championnat de France », aura son mot à dire si le RCS obtient un penalty ou un coup franc bien placé.« On connaît sa puissance de frappe et on ne verrait pas d'un mauvais oeil qu'il s'en serve », concède même son interprète occasionnel, Corentin Martins. Bref, outre l'enjeu d'une rencontre décisive pour l'avenir du Racing en D 1, « l'attraction » Chilavert devrait drainer la grande foule à la Meinau demain.
Dès la fin du match, Jose Luis Chilavert filera à l'aéroport où il s'envolera pour le Paraguay. Son pays accueille en effet le Pérou mercredi à 19 h 45 à Asuncion en éliminatoires du Mondial 2002. Le capitaine paraguayen regagnera la France vendredi et sera donc, sauf blessure, opérationnel pour le déplacement à Auxerre le dimanche 19.
Jean-Marc Loos











