Le marché de la viande bovine en Haute-Saône subit de plein fouet la crise de confiance actuelle des consommateurs. Sur les deux principaux marchés de l'Est de la France, dans lesquels sont commercialisés les bovins provenant de Haute-Saône, les chiffres parlent d'eux-mêmes. A Dijon, 274 gros bovins ont été commercialisés en 1998, 131 en 1999 et seulement 82 en 2000 ; les cours des boeufs et des taurillons sont actuellement suspendus et le cours des vaches est descendu à 14,70 F, contre 19,50 F à la même époque l'an dernier. Sur le marché de Bourg-en-Bresse, mêmes remarques : les cours ont baissé et le nombre de bovins de boucherie commercialisés est passé de 393 en 1998 à 216 cette année. Dans les abattoirs, l'activité baisse aussi. A Luxeuil, du 1er au 9novembre, 71,1tonnes de bovins ont été abattues contre 99,3tonnes sur la même période l'année dernière. A Besançon, on estime pour cette semaine que moitié moins de gros bovins sont abattus que l'an dernier. Au niveau de la consommation, même les boucheries artisanales sont touchées. Selon Jean Mennouvrier, président départemental des bouchers et de l'interprofession régionale Bévifranc, une baisse des ventes de 40 % par rapport à la normale a été observée la semaine dernière. Cette semaine, cette baisse serait largement supérieure à 50%, les ventes étant actuellement nulles. Dans la grande distribution, le rayon viande bovine du supermarché Cora de Vesoul a enregistré la semaine dernière une baisse des ventes de l'ordre de 20%, à laquelle il faut ajouter une nouvelle baisse d'environ 30 % cette semaine. Autre conséquence de la crise : la cantine scolaire du groupe Eugène Grandjean, à Héricourt, a retiré la viande de boeuf de ses menus jusqu'à nouvel ordre. Lundi, un rôti de porc viendra remplacer le rosbif initialement prévu.











