Les représentants des organisations professionnelles agricoles du département ont rencontré hier Patrick Subremon, le nouveau préfet de Haute-Saône. Ils ont abordé les mesures à prendre pour résoudre la crise qui frappe actuellement toute la filière bovine.
A L'ABATTOIR de Vesoul, depuis le début de la semaine, on n'abat plus qu'une dizaine de gros bovins par jour alors que le rythme habituel est de 40 à 45.
Avec les proportions que prend la crise de la vache folle dans l'opinion publique, la filière bovine connaît des heures difficiles. Face à cette situation, les organisations professionnelles agricoles du département ont repris les mesures demandées lors de la séance de crise du 7novembre, regroupant tous les acteurs de la filière bovine au niveau national, pour essayer de redonner confiance aux consommateurs. Hier matin, les organisations agricoles ont présenté ces mesures à Patrick Subremon, préfet de Haute-Saône. Celui-ci a affirmé sa solidarité avec le monde de l'élevage et s'est dit prêt à s'engager dans une campagne d'explication pour dédramatiser la situation actuelle. Pour cela, il participera à l'opération « portes ouvertes » que les agriculteurs veulent organiser entre fin novembre et début décembre. Pendant 15 jours, les consommateurs pourront visiter les exploitations d'élevage et toutes les entreprises de la filière pour assurer une transparence maximale et mieux faire connaître les méthodes qui y contribuent, comme la traçabilité ou l'étiquetage.
Retrait des farines animales
Les agriculteurs ont aussi « pris acte » du refus du ministre de l'Agriculture, Jean Glavany, d'adopter les mesures proposées par la FNSEA, comme le retrait de l'alimentation humaine de tous les animaux nés avant le 15juillet 1996. Si tel était le cas, ils demandent que « les pouvoirs publics prennent en charge ce coût et indemnisent les éleveurs, et obtiennent le cofinancement de cette mesure par l'Union européenne, comme a été financé le retrait des animaux de plus de 30 mois en Grande-Bretagne ». Sur le département, cette mesure concernerait 55000 animaux. A la sortie de l'entrevue avec le préfet, qui a duré plus d'une heure, Michel Renevier, président de la FDSEA, a rapporté que leurs propositions allaient remonter et que des réponses y seraient apportées. « La rencontre était très courtoise, mais nous ne nous satisferons pas de promesses, a-t-il expliqué. Des mesures concrètes doivent notamment être prises sur les farines animales ». Les organisations agricoles demandent « la suspension de toute utilisation de farine animale tant que l'AFSSA ne s'est pas prononcée » et exigent du gouvernement « d'assumer toutes les conséquences du retrait des farines (l'élimination des déchets avec la prise en charge des conséquences financières et environnementales, ainsi que le remplacement des farines animales par des protéines végétales, par la relance au niveau européen, ou à défaut français, de la production oléoprotéagineuse)». En matière d'aliment du bétail, elles souhaitent aussi une « obligation pour les fournisseurs de préciser clairement la composition détaillée et l'origine des composants, en particulier des protéines ».
Partie civile pour Vregille
Autre revendication : « L'accentuation de l'effort de recherche pour aboutir à terme à des tests sur les animaux vivants et dans l'immédiat, la poursuite des tests actuels et le développement des tests aléatoires ». En parallèle, « une harmonisation des pratiques et des contrôles au niveau européen » est souhaitée : « Les efforts de l'ensemble de la filière pour donner toujours plus de garanties ne doivent pas être ruinées par des pratiques laxistes des autres pays de l'UE. Nous demandons que la France, qui préside l'UE, prenne tous les engagements en ce sens ».
Les agriculteurs souhaitent aussi rencontrer les plus hautes autorités de l'État comme le président de la République et le Premier ministre, car la crise actuelle « demande une gestion interministérielle ». Ils souhaitent également la mise en place d'un plan de sauvetage de l'élevage et de la filière française, en rééquilibrant le marché et en mettant en place des dispositifs financiers, fiscaux et sociaux.
Dernière piste abordée par les agriculteurs pour sortir de la crise : « se porter partie civile sur les nouveaux cas de vache folle qui pourraient survenir, pour faire toute la lumière ». Suite au cas d'ESB détecté à Vregille, la FDSEA et le CFJA ont décidé de déposer, dans les prochains jours, une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction.
Après leur rencontre avec le préfet, les responsables des organisations agricoles préviennent : « Nous n'allons pas nous satisfaire de promesses ; des mesures concrètes doivent être prises ».
Guillaume Minaux











