Maladie de la vache folle, OGM... Le député Joseph Parrenin, qui apprécie encore la côte de boeuf, s'est mis à table devant les lycéens du Grand-Chênois.
LES ÉLÈVES de seconde de Cécile Bethuel ne savaient pas, en invitant Joseph Parrenin il y a quelques semaines, que cela tomberait en pleine psychose de la maladie de la vache folle. Ils voulaient évoquer avec le député les questions concernant la sécurité alimentaire et les voilà rattrapés par une chaude actualité.
D'entrée, le député joue la modestie. « Je n'ai pas la prétention de tout savoir » annonce-t-il. Et avant de se lancer sur le sujet, il a évoqué l'époque où le bonheur était dans le pré, où le produit passait directement du producteur à l'assiette du consommateur. Mais il y avait une contrepartie : « On ne mangeait pas de la viande tous les jours. On se contentait du porc salé et fumé». L'ancien élève du lycée agricole se souvient de la réflexion que lui avait faite un chercheur de l'INRA : « On ne connaît pas encore les produits que nous mangerons en l'an 2000 ». Nous sommes en l'an 2000 et, avec la chaîne alimentaire, l'inquiétude s'est installée à table. Après les colorants et autres conservateurs, la listéria, voici l'ESB, plus communément appelée la maladie de la vache folle ou la maladie du prion. « Le prion, même les chercheurs ne savent pas vraiment si c'est un virus, un germe ou un microbe ».
« Pas simple »
Est-ce la même maladie chez l'homme que chez la vache ? demande Emilie. « On ne peut pas vraiment dire car les vaches, on ne les laisse pas aller jusqu'au bout. On les abat avant». Faut-il éliminer les farines animales ? « Les farines animales sont déjà interdites pour les bovins. Je suis favorable à une interdiction pour tous les autres animaux. mais ce n'est pas simple. On peut remplacer par le soja, de l'herbe, de la luzerne, du trèfle. Dans la région, on pourrait produire du lait et de la viande sans aller chercher ailleurs en respectant l'harmonie entre les zones de plaine et de montagne ». Peut-on éliminer les bovins à risque sans polluer ? « Il faudra trouver des lieux de stockage étanches, des incinérateurs sophistiqués mais ce ne sera pas facile. Il ne faut pas oublier qu'abattre les troupeaux coûte de l'argent. »
Le prix de la qualité
Le député s'amuse à rappeler qu'un certain Jacques Chirac, alors ministre de l'Agriculture, voulait faire de l'ouest de la France le garde-manger de l'Europe et cela s'est fait grâce à l'industrie agro-alimentaire. « Si on veut revenir aujourd'hui à la qualité, il faudra payer le prix ». Le député plaide pour un retour à l'agriculture du terroir et invite les élèves à ne pas céder à la psychose. « Il y a moins de risque aujourd'hui qu'il y en a eu il y a quelques années ». Lui même se dit prêt à avaler un boeuf entier plutôt qu'un poulet bourré d'antibiotiques. (Voir aussi en région)
Le député invite les élèves à ne pas céder à la psychose.
Patricia Louis











