Hier soir a eu lieu, au square du Souvenir, l'inauguration du mémorial aux victimes belfortaines de toutes les guerres du XXe siècle. Une plaque de bronze sur laquelle figurent les noms de 1871 Belfortains morts pour la France, a été dévoilée sous une pluie battante.
HIER SOIR à 18 h, alors qu'il tombait des cordes, les drapeaux de quarante associations patriotiques de Belfort, toutes les autorités civiles, politiques et militaires du département se sont rassemblées au square du souvenir. Malheureusement, la nuit, et surtout la pluie, a quelque peu gâché la cérémonie à la gloire des braves. Cette cérémonie a commencé par le dévoilement des plaques de bronze, scellées dans le marbre, sur lesquelles sont inscrits 1871 noms, de Belfortains morts pour la France durant les Deux Guerres mondiales et les guerres d'Indochine et d'Algérie. Après le ravivage de la flamme par le président de l'Union française des anciens combattants (UFAC), Bernard François, et le dépôt de gerbe du préfet, Pierre Pouëssel, et du maire de Belfort Jackie Drouet, ce dernier a fait un très émouvant discours en hommage aux victimes, toutes confessions confondues, des trente ans de guerre que la France a connu dans ce siècle. La clique de Lepuix-Gy a assuré les sonneries réglementaires alors qu'une sonorisation défaillante a tenté de sonner la Marseillaise.
Les sentinelles du soir
Alors que la pluie faiblissait à peine, des enfants de quelques écoles belfortaines ont fait l'appel des morts, un appel auquel un ancien combattant répondait « Mort pour la France ». Le tour de garde d'honneur s'est donc mis en place. Le premier tour a été assuré par Jean-Pierre Chevènement, Jackie Drouet, le préfet Pierre Pouëssel, Mme Marin Moskowitz, le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt et le président de l'UFAC Bernard François, et ce pendant 15 minutes. 120 autres personnes, dont Christian Proust, mais surtout des anciens combattants et leur drapeau, ont pris le relais jusqu'à 22 h 15. « D'autres ombres, d'autres silhouettes veillent en silence. Ce sont les sentinelles du soir », dixit Elie Denoix de Saint-Marc.
Quelques regrets
Sans faire la fine bouche, les anciens combattants auraient préféré que cette cérémonie se fasse de jour. Mais le principal regret est que les noms des victimes d'Algérie et d'Indochine de tout le département ne figurent pas sur le mémorial puisqu'ils ne figurent sur aucun monument aux morts du département à quelques rares exceptions près. C'était tout au moins le souhait des associations d'AC du Front Uni, à l'origine du projet, qui avait créé l'association Mémorial 90. Les services concernés de la mairie de Belfort et de la préfecture en ont décidé autrement. Pour la dernière génération du feu, le Mémorial 90 est toujours d'actualité.
Les élus ont pris le premier tour de garde d'honneur entre le monument aux morts et la flamme du souvenir.
André Grossiord
Des jeunes filles ont dévoilé les plaques de bronze sur lesquelles sont inscrits 1871 noms de victimes des guerres.
Encore des enfants pour l'appel des morts sous la pluie.











