18 matches, 15 buts, quatre doublés. Santos, le buteur patenté du FC Sochaux, n'a pourtant qu'une idée en tête : faire monter le FCSM en D 1.
EN L'ESPACE de 18 journées de championnat, Santos est passé de l'ombre à la lumière. Le Brésilien du FCSM est aujourd'hui le chouchou du public de Bonal qui n'a pas tardé à faire fleurir les drapeaux brésiliens dans les gradins. Ses 15 buts inscrits en championnat font en tout cas référence désormais et celui que ses copains surnomment désormais Bip-bip n'est pas près de s'arrêter là. Sa réussite insolente, il la doit à sa volonté d'aller toujours de l'avant, de se battre sur tous les ballons, d'être à l'affût du moindre espace, de la plus petite erreur d'anticipation de ses gardes du corps. Même blessé - comme ce fut le cas à Nice- Santos fait encore parler la poudre. Et s'il ne possède pas un physique de déménageur, il puise sa vitalité dans son étonnante foi en lui. Au jour d'aujourd'hui, Santos a marqué du pied gauche, du pied droit, de la tête et sur pénalty. Mais depuis le match à Martigues, « je ne tire plus les pénalties. En tout cas, les copains ne veulent plus ». Pour la simple et bonne raison qu'il l'avait raté cette fois. Qu'importe, lui qui a inscrit 45 % des buts sochaliens depuis l'ouverture sait rester humble. Si on lui demande l'objectif personnel qu'il s'est fixé, il répond invariablement : « Mon seul souci c'est la montée de l'équipe en D1».
Plus facile à l'extérieur
Aujourd'hui le renard des surfaces sochalien ne peut plus profiter de l'effet de surprise. Auteur de fameux doublés lors de ses trois premiers matches, il continue pourtant à piéger invariablement les défenses adversaires. Pourtant dit-il, « les défenseurs me connaissent un peu désormais et cela devient plus facile de marquer à l'extérieur qu'à domicile où je suis très surveillé ». C'est pourquoi il apprécie le retour de Pierre-Alain Frau pour l'épauler dans sa mission offensive car souligne-t-il « à deux, c'est tout de même plus facile de déstabiliser une défense». Acheté à un prix fort raisonnable à ES Sahel (environ 7MF selon certaines sources), combien vaut Santos aujourd'hui ? En tout cas, Jean Fernandez se frotte les mains. Outre l'aspect financier, il sait que son buteur vaut surtout son pesant de buts. Et qu'il a eu tôt fait de faire oublier Danijel Ljuboja dans le coeur des supporters. Car avec 15 buts à mi-championnat, il a déjà fait beaucoup mieux que son prédécesseur au sein de l'attaque jaune et bleu. En dénichant l'oiseau rare qu'il connaissait parfaitement d'ailleurs, Jean Fernandez sait qu'il a offert l'affaire du siècle au FCSM. Venu pour se faire un nom sur le sol de France dans cet exigeant championnat de D2, Santos a trouvé au FCSM le terrain propice à son expression. Il est libre comme le fameux coyote Bip-bip, libre de faire sauter les murailles adverses, libre de prendre des intitiatives, d'exprimer sa technique grâce à un schéma offensif qui lui va comme un gant. Et s'il sait que le chemin est encore long, s'il n'ose pas encore penser à la sélection auriverde, Santos a une idée fixe. « C'est même une obsession. Quand on gagne et que je ne marque pas, je ne suis pas content. Mon objectif n'est pas de finir meilleur buteur mais je veux marquer. C'est vraiment une obsession chez moi » nous confiat-il en début de saison. Sans savoir vraiment à cette époque qu'il allait brûler les étapes au point de marquer contre Nîmes, Châteauroux, Caen, Ajaccio, Le Mans, Cannes, Montpellier, Lorient, Nancy, Gueugnon, Nice. Et si le titre de meilleur buteur ne le met pas en transe, il aura sans doute noter que l'an dernier Pagis avait dû attendre la 29e journée pour atteindre son total d'aujourd'hui. En tout cas en attendant, il peut déjà se retourner et mesurer le chemin parcouru depuis son arrivée dans la froide Belgique, le 23 janvier 1996. Quatre ans plus tard, après un crochet par la Tunisie le voilà leader de la division offensive de D2 française et moteur de l'inspiration sochalienne.
Santos est devenu la référence des buteurs de D 2 en l'espace de 18 journées.
Lionel Vadam
Le drapeau brésilien flotte désormais dans les tribunes de Bonal.
Photos Claude Barth
Les supporters sochaliens ont adopté Santos. La preuve, son maillot est la fierté des jeunes.











