Le géant parisien SQLI, spécialiste de la création de sites Internet, a racheté l'entreprise Abcial en début de mois. Mais selon le P-D.G. de cette dernière, le site de Belfort sera pérennisé.
C'est l'histoire d'une petite start-up, ces entreprises qui démarrent très vite, marchent très fort et qui doivent rapidement se poser la question de leur développement. Abcial, société de logiciels fondée à Belfort, en 1993, par un ingénieur en informatique fraîchement émoulu de l'Ipsé de Sévenans (composante aujourd'hui de l'UTBM, université de technologie de Belfort-Montbéliard), a connu un succès fulgurant avec l'appui des investisseurs-risques locaux qui n'ont pas hésité à prendre des parts dans la jeune société pour renforcer ses fonds : 1,75 MF ont ainsi été injectés -et récupérés depuis-par CCI-Développement (500 000 F), Franche-Comté Capital Investissements (1MF) et par Belfort Investissements (250 000 F). En huit ans, Abcial a atteint la taille d'une belle PME, avec 80 salariés répartis entre les sites de Belfort (siège social, 25 salariés), Mulhouse (20 emplois), Strasbourg (20), Lyon (20) Dijon (10) et Villeurbanne en banlieue lyonnaise (5 emplois administratifs). L'an passé, la société a réalisé un chiffre d'affaires de 28MF mais clôture l'exercice sur un bilan négatif, à moins 2,7MF. « C'est normal, une start-up, ce n'est pas fait pour gagner de l'argent, mais pour créer de l'activité. On a un résultat négatif car on a beaucoup investi pour nous développer à Lyon et à Dijon » explique le P-dg Ahmed El Mouafik. D'avoir été remarqué, puis racheté par le groupe SQLI (500 salariés sans Abcial, 215MF de chiffre d'affaires, 6,6MF de bénéfices nets) qui figure parmi les trois premières entreprises françaises du marché et qui vient d'être introduit en bourse sur le second marché où il a levé 100MF est plutôt flatteur pour la société belfortaine. C'est du moins l'avis d'Ahmed El Mouafik, qui n'a pas hésité une seconde avant de profiter d'une telle opportunité : « C'est une occasion exceptionnelle qui est offerte à Abcial de poursuivre son activité sur des marchés jusqu'alors inaccessibles. Certes, sous l'enseigne SQLI, mais à l'heure où tout le monde parle de l'Europe, des grands comptes, de mondialisation, il faut avoir la taille suffisante pour les aborder. Grâce à SQLI, les logiciels et le savoir-faire d'Abcial auront accès à de très gros clients.»
Pérennité du site de Belfort
Le P-dg, nommé directeur régional Est de SQLI, ne cache pas qu'il a également saisi au passage « une opportunité personnelle». Il se veut rassurant sur la pérennité de l'activité à Belfort : « Le site de Belfort restera ouvert. Il réalise 10MF de chiffre d'affaires avec des grands comptes que SQLI entend consolider. Donc, la dizaine de salariés qui travaille sur ces grands comptes restera à Belfort. Les autres seront réaffectés, s'ils en sont d'accord, à Mulhouse et à Dijon». Sur un ton convainquant, Ahmed El Mouafik ajoute : « Grâce à SQLI, on vient de réussir à prendre pied chez Peugeot. Cette activité générera 10 emplois à Belfort. On est une société de services. SQLI a besoin des hommes d'Abcial, pas de ses machines, et aura encore d'autres besoins.» SQLI, qui veut étendre son offre de solutions « i-business » dans le Grand-Est en Alsace, Bourgogne et Franche-Comté, a l'ambition de réaliser un chiffre d'affaires de 45MF, contre 28MF actuellement. « Pour cela, SQLI devra embaucher et créer de nouveaux emplois » conclut le nouveau directeur régional, précisant que cette bonne nouvelle ne concerne toutefois que des ingénieurs et des techniciens supérieurs en informatique.
Ahmed El Mouakif, ancien P-D.G. d'Abcial, a été nommé directeur régional pour le Grand-Est du groupe SQLI auquel il a vendu sa société le 1er octobre dernier.
Céline Mazeau











