Après avoir rapidement ouvert le score par Luyindula, puis été rejoint sur un but superbe de Weah, le Racing, réduit à 10 avec l'expulsion de Fischer dès la 56e, a tenu l'OM en échec hier à la Meinau (1-1). Un nul qui n'arrange pas ses affaires.
CE MATIN, S trasbourg compte toujours quatre points de retard sur Marseille. Mais s'il n'est pas certain que le nul qui a sanctionné le match plutôt terne entre les deux équipes hier à la Meinau fasse les affaires de l'OM, il est en revanche acquis qu'il n'arrange pas celles du Racing dont on saura ce soir, après la 13e journée, si le retard sur le premier non-relégable s'est accentué. Hier en tout cas, le kop meinovien a encore prouvé avant le coup d'envoi sur le terrain qu'il a de la mémoire et la dent dure. Ses banderoles vengeresses, qui rappellent les couacs du Racing/Mc Cormack depuis trois ans, sont un message sans ambiguïté à la direction du club. « 1997-98 : Épinal. 1998-99 : Troyes. 1999-2000 : Gueugnon et Calais. 2000-01 : Nantes. D 2.» Dans l'autre tribune, un autre message, contrepoids du premier, invite les joueurs à la rébellion. « Ne vous découragez pas, vos supporters sont là.» Un dernier message apparemment reçu 5 sur 5 par un RCS au sein duquel Hemdani remplace Camadini dans l'entrejeu, Devaux suppléant Njanka (à l'essai en Angleterre) dans un onze par ailleurs sans surprise. Dès la 9e, Ljuboja prend la défense marseillaise à revers d'une passe dans le dos. Luyindula surgit et évite la sortie de Trévisan pour marquer dans le but vide son 4e but de la saison. Pour une fois donc, le Racing mène sur sa pelouse. C'est évidemment une position plus confortable que celle qu'il a connue si souvent chez lui cette année : courir après le score. Et ça donne des idées à Devaux dont la frappe est toutefois sans danger pour Trévisan (27e). Cela dit, les 18 minutes écoulées entre le but de Luyindula et ce tir de l'ex-Lyonnais illustrent bien la prudence dans laquelle se confinent les deux équipes. Le match n'est pas sinistre, mais guère enlevé non plus, même si une intervention limite de Beye sur Bakayoko dans la surface vient semer le doute une fraction de seconde dans les esprits strasbourgeois. M. Derrien reste de marbre (27e). Les occasions sont rares. Sur un corner de Ljuboja, Bertin place pourtant un bon coup de tête. Au-dessus (43e). L'OM peine à répliquer et il faut une passe en retrait hasardeuse de Luyindula, interceptée par Weah, pour voir Belmadi filer vers le but. Mais Debes a anticipé et chipe le ballon dans les pieds de l'ex-Martégal (45e).
L'inévitable Mister George
Décidément, il est écrit que rien ne sera facile pour le RCS en cette saison maudite. Car à peine la 2e période a-t-elle repris que Weah récupère un centre de Camara repoussé trop mollement par la tête de Bertin. Des 16 m, le Libérien ajuste une demi-volée pleine lucarne (54e). Le 1er but du joker olympien. Son 6e en 6 matches de D 1 à la Meinau, après ses passages monégasque et parisien. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, Fischer est sévèrement expulsé pour un tacle sur Bakayoko à la 56e. En 2', le Racing a presque tout perdu. Il lui reste à tenir le nul. Claude Le Roy affiche ses intentions en remplaçant Belloso par Amzine, qui apparaît pour la première fois cette saison. Bertin contre in extremis un raid de Marcelinho, entré à la place de Leroy (64e). Debes se couche sur un tir de Bakayoko (70e). Marcelinho ne peut couper un centre tendu de Belmadi (78e). À 10 contre 11, les Strasbourgeois ne sont pas ridicules. Ils sont même à deux doigts - ceux de la main ferme de Trévisan - d'enlever la mise sur un tir tendu de Ljuboja (89e). Ils devront se contenter d'un point. Mathématiquement, c'est insuffisant.
Tenu en échec par Issa et l'OM (ici sous le regard de Blondeau et Camara), Ljuboja et le Racing se rendront à Toulouse samedi prochain sans Fischer, suspendu, pour un match à 6 points.
Jean-Marc Loos











