Mardi soir, l'historien Jean-Christophe Demard a raconté « L'aventure haut-saônoise au Mexique » devant plus de 100 personnes. Il était invité à l'auditorium de Lure par le lycée Colomb, en préparation du voyage au Mexique qu'effectueront 35 élèves en février 2002.
EN 1956, un homme grand, habillé tout en blanc, arrive à Champlitte. Il est mexicain, s'appelle Paul Capitaine et vient découvrir le région dont est originaire son grand-père. Jean-Christophe Demard, aujourd'hui conservateur du musée de Champlitte, peut alors reprendre contact avec des lointains cousins de sa mère qui habitent au Mexique. De longues recherches débutent, qu'il a exposées mardi soir à l'auditorium.
En 1821, le Mexique obtient son indépendance et cherche à développer son économie en encourageant des points de colonisation européenne.
Immigration haut-saônoise
Un premier groupe de 800 Français s'embarque entre 1829 et 1832 pour le sud de l'État de Veracruz, sur la côte est du pays. Dans le premier bateau, 14 Francs-Comtois. Le voyage est très long, les conditions de vie sur place très difficiles. Beaucoup de suicides sont à déplorer ; entre 200 et 300 personnes trouvent rapidement la mort. La deuxième expérience débute à l'initiative de Paul Guénot, un officier napoléonien qui a séjourné au Mexique. En 1833, il décide de fonder un phalanstère, une communauté agricole et industrielle, dans l'État de Veracruz. A cette époque, Champlitte connaît une population maximum et la viticulture se porte mal. Environ 96 personnes décident de rejoindre les villages de San Rafael et Jicaltepec. Sur place, seules quelques maisons sont construites, contrairement aux promesses de Guénot. La nourriture est insuffisante et des révoltes éclatent dans le phalanstère. Pourtant, les Haut-Saônois écrivent chez eux pour encourager au départ. De nouveaux colons s'installent. En 1836, environ 250 Haut-Saônois sont installés dans un pays encore assez inhospitalier. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, plusieurs bateaux arrivent. Une épidémie et des inondations succèdent à des périodes de calme, pendant lesquelles des Haut-Saônois ont fait fortune.
Resserrer les liens
Vers 1900, 1000 vivent dans la région de San Rafael ; ils ont eu le temps de devenir plus mexicains que français. La révolution mexicaine, de 1911 à 1923, accélère encore l'intégration : les Haut-Saônois ont dû choisir leur camp. Lors de la première guerre mondiale, aucun d'entre eux n'acceptera d'aller combattre en Europe. Depuis le milieu des années 1980, le conseil général veut resserrer les liens avec l'État de Veracruz et a créé l'association Martinez de la Torre. Des échanges d'étudiants sont organisés depuis 1985. Aujourd'hui, un enseignant de français est envoyé chaque année à San Rafael et à Jicaltepec. Des relations culturelles et économiques sont mises en place. Les lycéens qui partiront au Mexique en février 2002 vont aller à la rencontre de cette histoire et ces liens. Pour soutenir leur projet, Jean-Christophe Demard a décidé de leur reverser les droits d'auteur de son dernier livre.
Jean- Christophe Demard dédicace son dernier livre. Il vient de raconter l'histoire de l'immigration haut-saônoise dans l'État de Veracruz, au Mexique.
Guillaume Minaux











