Plutôt que d'aborder de front la question des produits, les policiers formateurs antidrogue préfèrent faire réfléchir les ados à leur comportement. Durant quinze jours, le camion de la mission de lutte antidrogue (MILAD) va sillonner la cité du Lion. Les élèves de 3e du collège Vauban ont été les premiers hier à discuter de toxicomanie.
TOUTE la semaine, vous pensez à la méga teuf du samedi soir. Vous vous faites beau pour séduire la petite brune dont vous rêvez et, le moment venu, après un quart d'heure de danse, vous êtes déjà la tête sur les toilettes. Je ne comprend pas. C'est ça une super soirée pour vous ? » Plutôt que d'aborder d'emblée la question des produits, les policiers formateurs antidrogue préfèrent encourager la réflexion des ados sur leur comportement. « Nous ne sommes pas là pour donner des élémentsde réponse, mais pour soulever des problèmes », confirme le capitaine Flavien Djurado, chef de mission de la lutte antidrogue.
Depuis 1995, la mission de lutte anti-drogue de la Police nationale poursuit des campagnes itinérantes d'information et de prévention de l'usage des stupéfiants à partir d'un camion-podium. Une exposition et des projections viennent en support de l'intervention des policiers formateurs antidrogue. Durant quinze jours, le fameux camion va sillonner la Cité du Lion.
Le problème qui se pose est le manque de solidarité chez les jeunes
Quinze escales sont prévues dans des collèges et lycées de la ville. Les élèves de 3e du collège Vauban ont été les premiers hier à monter à bord du camion. Une expérience qui les a visiblement intéressés.« Les formateurs abordent la question du mal-être des ados, de leurs difficultés à se situer par rapport aux drogues », remarque Sylviane Perron, principale du collège Vauban. De fait, le discours des formateurs, Flavien Djurado, mais aussi Patrick Lefevre, CRS à Metz, est loin d'être académique. Pour se faire bien comprendre des jeunes, ils ont en effet choisi d'adopter leur langage. Et ça marche. Au brouhaha et ricanements du début succèdent rapidement un silence sinon religieux, du moins très attentif. Et une heure de rencontre -soit le laps de temps accordé à chaque classe- ne suffit pas à répondre à toutes leurs interrogations. Pour permettre à chacun de pouvoir s'exprimer, le commandant Richard Parra, référent jeune au commissariat de Belfort, n'a d'ailleurs pas hésité, hier, à poursuivre le dialogue en classe pour satisfaire la curiosité des élèves demandeurs. Un dialogue qui a permis d'aborder aussi bien les dangers des drogues que les dispositions de la loi. « Chacun sait que les jeunes ne prennent pas du cannabis ou de l'alcool pour le goût, mais pour les effets de ces substances, note Flavien Djurado. Certains fument des joints dès 7 h 30 avant d'aller en cours. Notre but est de les amener à trouver anormal ce type de comportement. Car le problème qui se pose est celui du manque de solidarité chez les jeunes. Il est navrant que lorsqu'ils voient un copain qui est « mal », ils ne fassent rien. Ou pire, ils se moquent de lui parce qu'il est ivre ou sous l'emprise de drogues. C'est sur ce type de comportement que nous voulons les amener à réfléchir. » Hier, le message est apparemment bien passé. Reste à savoir pour combien de temps, diront les pessimistes. Mais le principal est peut-être d'avoir ouvert la voie à la prise de conscience.
Le camion-podium de la mission de lutte antidrogue (MILAD) va faire escale dans neuf établissements scolaires de la ville.
Photos Séverine Depond
Les élèves de 3e du collège Vauban ont rencontré hier les policiers formateurs anti-drogue.











