La flamme s'est éteinte au stade olympique à l'issue des 24es Jeux d'été qui, natation exceptée, ont plus valu par l'intensité, et souvent l'indécision de la lutte, que par des records en série. Les plus optimistes y ont vu un effet du renforcement de la lutte contre le dopage - enfin prioritaire pour le CIO. Descendus de leur Olympe, les dieux du stade y ont gagné un visage plus humain, d'autant plus séduisant qu'il s'est éclairé du sourire de la reine de ces Jeux, Marion Jones. L'Américaine a eu de l'ambition en voulant remporter 5 médailles d'or. Elle a eu assez de talent pour gagner, - demi-échec mais aussi réel exploit -, trois titres (100, 200 et 4x400 m) et deux médailles de bronze (saut en longueur et relais 4x100 m). Jones a aussi montré sa valeur humaine en restant digne dans la défaite comme dans l'adversité. Battue par l'Allemande Drechsler, sa première réaction a été de rendre hommage à « l'une des plus grandes sauteuses en longueur de tous les temps». Lorsque son mari, le lanceur de poids CJ Hunter a été publiquement accusé de dopage, elle a surmonté l'épreuve sans broncher. CJ, bien que ne participant pas à ces Jeux - une blessure souvent jugée opportune l'avait amené à déclarer forfait -, en a été le anti-héros, le symbole d'une lutte qui a multiplié les contrôles pour débusquer les tricheurs. Avant et pendant les JO plus d'une soixantaine de cas ont ainsi été dénoncés. Ceux qui étaient présents à Sydney ont été exclus des compétitions. Naguère taxé de laxisme dans ce domaine, le CIO a montré au détriment de la gymnaste roumaine Andreea Raducan qu'il serait désormais inflexible. Ayant fait preuve d'une telle rigueur dans le dossier de la petite Roumaine où tout plaidait en faveur du pardon, les responsables du mouvement olympique se sont ainsi mis dans l'obligation de n'être plus jamais cléments. Cela dit, avec ou sans le doute, les exploits ont été nombreux. Les nageurs ont battu ou égalé 15 records du monde. Van den Hoogenband s'étant approprié le plus prestigieux, celui du 100 m. VDH s'est aussi adjugé titre et record sur 200 m libre et sa compatriote Inge de Bruijn a fait encore mieux avec 3 records du monde et trois titres (50 m et 100 m libre, 100 m papillon). Par ailleurs, Douillet a atteint les sommets du judo avec deux médailles d'or olympiques et quatre titres de champion du monde. L'Anglais Redgrave, s'est confirmé comme le plus grand rameur de l'histoire (5e médaille d'or consécutive). Le Tchèque Zelezny, s'est assuré un troisième sacre consécutif en remportant le javelot, comme à Barcelone et Atlanta. Triple couronne aussi pour le boxeur cubain Savon (34 ans) qui a égalé son compatriote Stevenson et le Hongrois Papp. L'Américain Johnson, déjà champion olympique à trois reprises (4x400 m à Barcelone, 200 m et 400 m à Atlanta) a complété sa collection avec deux nouvelles conquêtes, son compatriote Greene inaugurant son palmarès avec deux victoires. Tenant du titre du 10.000 m, l'Ethiopien Gebreselassie, quatre fois champion du monde sur la distance, a réédité sa performance au prix d'un sprint qui restera comme l'une des moments les plus intenses de ces Jeux. Des vaincus ont, tout autant, mérité la palme pour l'ensemble de leur oeuvre : le Russe Popov (bientôt 29 ans), le Canadien Bailey (31 ans) et l'Ukrainien Bubka (36 ans)... Tous dopivent figurer au tableau d'honneur !











