Wouaw. Vous, devant le poste, je ne sais pas, mais nous, public du Stade olympique de Sydney, en avons pris plein les mirettes. C'est comme si depuis deux semaines, on avait demandé aux Australiens de rester bien sages, souriants, polis, raisonnables, bref, des hôtes modèles de Jeux Olympiques, et que, d'un coup d'un seul, le naturel soit revenu au galop, sur une tongue géante rose et jaune. Comme un bambin sagement assis à table qui obtient enfin l'autorisation d'aller jouer, l'Australie a explosé hier soir, proposant après la traditionnelle cérémonie de clôture des Jeux et d'extinction de la flamme, un show halluciné plein de poulets et kangourous gonflables, de talons aiguilles roulants, de bataillons de surfers et surfeuses défilant sous un soleil en plastique, de jolies filles et de mecs bien musclés, de chansons très populaires, de danses endiablées, de Crocodile Dundee un peu coincé, de Greg Norman tapant des balles de golf dans le public, de folles du désert et on en passe. Parce qu'on ne va pas vous parler des feux d'artifices au-dessus du stade et jusque dans la ville, embrasant Harbour Bridge pour le plus grand plaisir de ceux qui n'avaient pu s'offrir un billet à 3000 F pour la cérémonie de clôture. Pas besoin de grandes thèses. L'Australie, « terra australis », est une terre autre qui nous excède ou nous séduit selon qu'elle nous renvoie à nos richesses ou à nos insuffisances. De cet ailleurs qui s'est livré au monde deux semaines durant, on peut prendre ce qu'on veut. Hier soir, les Australiens nous ont conseillé de prendre le temps de vivre et de garder le sens de l'humour. Le monde, nous disent-ils, est aussi une tongue géante rose et jaune. Pas d'accord ? Alors venez en Australie, et vous comprendrez.











