Le boxeur français se retrouve à un combat du titre olympique des mi-mouche après sa victoire, hier, sur le Cubain Romero. Finale demain contre l'Espagnol Lozano-Munoz.
APRÈS avoir éliminé le champion du monde américain au 2è tour, Brahim Asloum a sorti hier le champion olympique cubain en demi-finale pour gagner sa place en finale de la catégorie des mi-mouche.
Boxant en champion, il a dominé d'un point 13-12 le Cubain Maikro Romero, médaille d'or dans la catégorie supérieure (mouche-51 kg) à Atlanta et redescendu en 48 kg, à l'issue d'un combat qu'il a totalement dominé. Il retrouvera demain en finale l'expérimenté et coriace Espagnol Rafael Lozano-Munoz, médaille de bronze à Atlanta, qui s'est débarrassé très intelligemment du dangereux Coréen du nord Kim Un-chol 15-10. Un match qui ne sera pas des plus faciles. Pour l'heure, il a rejoint Laurent Boudouani, dernier finaliste et dernier médaillé français en 1988. Comme il avait su étouffer le champion du monde américain Brian Viloria au deuxième tour, Asloum bien protégé derrière ses gants, allait mettre le Cubain sous l'éteignoir en appliquant les consignes à la lettre. « On le connaît bien. Comme il était avantagé en allonge, il ne fallait pas le laisser s'exprimer, lui fermer les angles. Le courage et la volonté de Brahim ont enrayé cette machine à boxer », a expliqué Dominique Nato, directeur des équipes de France.
« Quand je suis rentré dans mon coin (ndlr : après le premier round) je me suis dit "ce n'est pas un tueur", a raconté Asloum. Et il allait encore frapper le premier, marquer le premier point, comme dans le round initial, pour terminer la reprise en avance 5-3. « J'ai demandé le score. Je me suis dit cela va être chaud. Il faut que je fasse la différence », a-t-il expliqué. Et il allait la faire. Il réussissait quelques modèles de coups (droite, gauche, enchaînement gauche-droite), le Cubain parassait même éprouvé sur une droite. Asloum regagnait son coin en menant 9-6. Il était à 2 minutes de l'exploit.
Se sachant en retard, Romero déclenchait la bagarre que le Français ne refusait pas.
Savon à un match du triplé
Le Cubain revenait à 1 point (10-9). Asloum le remettait à distance, 13-10, puis 13-11 à 30 secondes du gong. Asloum se battait, tenait et préservait 1 point. Un mince écart mais qui ne reflétait pas la domination et la maîtrise du Français, jamais mené, toujours aux commandes de ce match de grande qualité. « S'il recule, il subit et l'autre revient. Il fallait le bloquer », a analysé un Nato qui avouait « je ne connais pas les limites de Brahim». Extraordinaire trajectoire que celle du Berjallien sympathique et extraverti qui dédiait sa victoire « a son père, à sa mère, aux copains de Bourgoin, au président de la fédération, aux gens de l'Isère et à la France ». Il n'a que trois ans de haut niveau derrière lui et a intégré l'équipe de France à plein temps depuis 1999. A part celle causée par Asloum, il n'y a pas eu de suprise dans la première série de demi-finales.
Victoire contre le champion du monde de la catégorie au 2e tour, puis contre le champion olympique d'Atlanta en - 51 kg : Brahim Asloum est un chasseur de têtes !
AFP











