L'équipe de France est passée, hier, du grand bonheur de Félicia Ballanger, titrée sur le 500 m dames, à la plus cruelle des déceptions, provoquée par la contre-performance d'Arnaud Tournant sur le kilomètre.
« J'ai souffert » : il y a sans doute bien longtemps que Félicia Ballanger, l'indestructible héroïne du cyclisme sur piste, n'avait pas prononcé de tels mots. Elle s'est pourtant imposée au vélodrome de Sydney, avec une marge considérable, dans le premier 500 m olympique de l'Histoire. Qui pourrait croire que la Française a souffert, alors qu'elle a relégué sa dauphine australienne, Michelle Ferris, à plus d'une demi seconde ? Mais la Vendéenne n'est pas femme à badiner avec ses sensations. Ainsi, bien qu'ayant survolé la première épreuve cycliste des derniers Jeux du millénaire, Félicia Ballanger a connu la peur, puis la souffrance. En une soirée, elle est redevenue humaine. Il lui a fallu du cran. Son entraîneur Daniel Morelon lui a piqué la fesse en lui fixant son dossard, le n°12. Elle semblait détachée, balayant un coin de tribune pour y trouver la présence rassurante de sa maman. Il s'agissait d'un leurre. « En fait, j'étais angoissée par les très bons temps des autres concurrentes », a-t-elle avoué. Après s'être mordu la lèvre quand le starter l'a libérée, son supplice a duré 34 secondes 140. Le temps de gagner une nouvelle médaille l'or. Sa vie reste donc, pour l'instant, sur la piste, avec ce projet de vélodrome près de La Roche-sur-Yon : « Il suit son cours. Il progresse même, a-t-elle confié. Mon avenir est en Vendée ». Félicia Ballanger n'a pas laissé exploser sa joie. C'était une championne un brin triste. N'avait-elle pas annoncé avant l'heure qu'elle repousserait festivités et mondanités au Club France, où le champagne devait être sabré en son honneur. On attendra mercredi, au soir de la vitesse.
Une championne qui se moquait du chrono : « Aujourd'hui, seule la place importait. Il eut été dommage de passer à côté de ce premier titre du 500 m... »
AFP











