Roxana Maracineanu débute cette nuit ses premiers Jeux, avec une position d'outsider sur 100 m dos. Son objectif : se bagarrer pour aller le plus loin possible, et surtout prendre le pouls de la compétition avant le 200 m, dans un Aquatic Center de Sydney chauffé à blanc.
ROXANA M aracineanu a la détente facile. D'autres qu'elles seraient mortes de trouille à l'idée d'affronter les meilleures dossistes du monde dans la plus grande compétition de la planète. Elle, non : elle garde le sourire, ne tremble pas, ne bafouille pas, explique posément que « Si, si, ça va aller, vous verrez ».
Bien sûr, les journalistes sont bien marris d'autant d'assurance. Mais enfin, comment cette fille, qui doit défendre un titre mondial et européen sur 200 m dos peut-elle être aussi sereine, alors qu'elle est loin de posséder les meilleurs temps de qualification olympique ?
« Son principal talent, c'est la compétition »
Réponse de Lionel Horter, l'entraîneur de la Mulhousienne : « Le principal talent de Roxana, c'est la compétition ». Roxana Maracineanu est une professionnelle. Depuis des mois, l'Alsacienne a intégré tous les paramètres de course, défini des options. Avec son entraîneur, elle a ainsi choisi de privilégier le 200 m dos de jeudi par rapport au 100 m dos de cette nuit. « C'est une décision que nous avons prise assez tôt, par la force des choses, explique Lionel Horter. Le calendrier des épreuves ne nous arrangeait vraiment pas, car la préparation du 100 m dos et du 200 m dos sont deux choses complètement différentes. Le rythme de la nage n'est pas du tout le même. Sur 100 m, il faut une vitesse initiale qu'il faut essayer de tenir le plus longtemps possible, parfois au détriment de la qualité de la nage. C'est une distance qui demande de la puissance. Ce n'est pas la qualité première de Roxy, qui est assez légère : elle a une vitesse de retour très rapide, mais perd du temps sur ses concurrentes au départ et au virage. C'est pour cette raison que nous avons concentré nos efforts sur le 200 m dos, où la qualité de nage est bien plus déterminante que sur 100 m.
15e temps d'engagement
Cela dit, une qualification pour une finale olympique sur 100 m serait un atout non négligeable pour Roxy avant d'aborder le 200 m ». Avec le 15e temps d'engagement sur 100 m dos (1'02"47 qu'elle avait réalisé le 30 juillet 99 pour remporter le titre de championne d'Europe à Istanbul), la Haut-Rhinoise devra sans doute nager dans les temps de son titre mondial, en 1997 (1'01"84) pour accéder à la finale. Le 8e temps d'engagement est en effet à... 1'01"80. « 15e temps d'engagement, ça signifie que sa marge est même mince pour atteindre les demi-finales et qu'elle devra effectuer une course de haut niveau dès les séries, explique Lionel Horter. Mais Roxana sait ce qu'elle a à faire ». Comme Lionel Rostoucher hier, qui s'est retrouvé dans la même série du 400 m nage libre que Ian Thorpe, Roxana Maracineanu nagera dans une série rapide, sans doute emmenée par l'Espagnole de Russie Nina Zhivanevskaya. « Nager avec les meilleurs en série est une arme à double tranchant, explique l'entraîneur du MON. Souvent, ils ont tendance à gérer leur course pour finir très vite. C'est difficile alors d'avoir des repères pour sa propre course ». Le repère de la Mulhousienne est simple : 19 h 03. C'est l'heure de départ à Sydney, demain, de la finale du 100 m dos. Rien d'autre n'intéresse Roxana Maracineanu.
REGARDER 100 m dos dames : série à 1 h du matin (heure française), demi-finales à 10 h. Finale demain à 10 h. 400 m nage libre dames : séries à 2 h 20, finale à 11 h 25.
Au plus haut niveau depuis son sacre à Perth, Roxana part à la conquête du monde olympique, cette nuit, à l'International Aquatic Center...
AFP











