Les mesures prises par le Comité international olympique (CIO) en vue de faire des JO de Sydney les Jeux les plus propres de l'histoire ont incité la majorité des instances sportives à une sévérité accrue par crainte d'être taxées de laxisme. Le CIO a décidé de procéder à 3200 contrôles, dont 400 tests de dépistage de l'érythropoïétine (EPO), avant et pendant la compétition De peur que certains de leurs athlètes ne soient pris en flagrant délit de dopage pendant la quinzaine olympique, avec l'effet grossissant que suppose la médiatisation de l'événement, les instances ont multiplié au cours des derniers mois les contrôles en vue de débusquer les dopés avant les Jeux. Les résultats sont éloquents. Depuis le début septembre, à l'issue de ces procédures, près de 50 sportifs ont ainsi été déclarés positifs. Le dernier en date est l'haltérophile roumain Traian Ciharean (56 kg). Sélectionné pour les Jeux et déjà présent à Sydney, il a appris, jeudi, qu'un contrôle effectué en août était positif. Une contre-expertise a été demandée mais ses chances de participation sont compromises.
Autre sélectionné très menacé : le lanceur de poids ukrainien Aleksandr Bagach. Déjà condamné à deux reprises pour dopage en 89 et 97, il a de nouveau été pris cette année. Sa fédération l'a blanchi au bénéfice du doute en estimant que la dose d'anabolisants détectée par l'analyse était, selon elle, trop forte pour être vraie. La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) en a jugé autrement en le suspendant dans l'attente de son jugement prévu mardi, soit 4 jours avant le concours olympique. Mercredi, sept autres cas avaient été révélés ou confirmés. Deux haltérophiles sélectionnés pour Sydney, le Taïwanais Chen Po-pu (62 kg) et le Tchèque Zbynek Vacura (77 kg), ont été pris lors d'un contrôle en août. Le premier a été rappelé immédiatement à Taipeh, le second a été suspendu pour deux ans. La nageuse kazakh Evguenia Yermakova a été reconnue positive à la suite d'un contrôle effectué en mai. Elle a été exclue des Jeux et suspendue. L'athlète bulgare Iva Prandjeva (longueur et triple saut) a été contrôlée positive en août. Elle a été suspendue et privée de JO.
Trois membres de la sélection olympique de canoë-kayak sont dans l'expectative. Ils ont reconnu avoir pris fin juillet, sur prescription inopportune du médecin de l'équipe, une substance diurétique interdite. Au début du mois, la suspension ou le retrait d'une quarantaine d'athlètes, dont 27 Chinois, convaincus ou soupçonnés de dopage avait déjà été annoncée. D'autres, et non des moindres, seront bien présents à Sydney après avoir été sanctionnés pour dopage.
Javier Sotomayor, champion olympique 1992, avait été suspendu l'an dernier pour dopage à la cocaïne. Sa suspension initiale de deux ans a été diminuée de moitié par l'IAAF, ce qui l'a requalifié pour les JO.
La sprinteuse jamaïcaine Merlene Ottey a été contrôlée positive (anabolisants), également en 1999. Suspendue dans l'attente de son jugement, elle a été relaxée le mois dernier par la commission d'arbitrage de l'IAAF en raison d'un vice de forme dans la procédure.
La lanceuse du poids russe, Larissa Pelechenko, confondue en 1995, avait été suspendue pour quatre ans. Elle a bénéficié d'une modification du règlement de l'IAAF qui a réduit sa peine de moitié.











