Ralenti toute la saison par différents problèmes physiques, Stéphane Diagana a décidé de renoncer aux Jeux en raison « de problèmes de santé persistants localisés au genou droit ».
STEPHANE D iagana renonce aux Jeux de Sydney. Ironie du sort, la nouvelle est tombée hier soir alors que des milliers d'athlètes, dont une partie de ses compatriotes, défilaient dans le stade olympique pour célébrer l'ouverture des Jeux de l'an 2000.
Dans un communiqué, Stéphane Diagana, le champion du monde 1997 et vice-champion du monde 1999 du 400 m haies, a expliqué son forfait par « des problèmes de santé persistants localisés au genou droit », précisant que la décision avait été prise en accord avec son entraîneur Fernand Urtebise. « C'est un crève-coeur terrible », confiait Fernand Urtebise où le duo avait installé depuis plus d'une semaine le camp de préparation. L'élève, pour sa part, réservait ses commentaires pour son site internet. « Ces Jeux devaient être l'aboutissement d'un long travail avec un garçon que j'adore et le couronnement du travail de l'entraîneur », ajoutait-il, assurant que la décision avait été « extrêmement dure à prendre». « C'était plus fort que jamais. Ca se voyait sur son visage ». Aussi dure qu'elle soit, cette décision semblait presque incontournable lorsque Diagana avait jeté le doute sur sa participation, la veille, en annonçant qu'il déciderait dimanche, soit à la veille de son transfert prévu à Narrabeen, base de l'athlétisme français situé dans la grande banlieue de Sydney.
Succession de bobos
Tout dépendait alors du résultat des dernières séances, mais Diagana évoquait déjà la persistance de la douleur derrière le genou droit tandis que l'entraîneur évoquait la difficulté d'une situation incomparable aux déboires rencontrés par le passé. Quatrième des Jeux de Barcelone, Diagana avait manqué les Jeux d'Atlanta quatre ans plus tard en raison d'une fracture de fatigue. Le record d'Europe (47'' 37), le titre mondial de 1997 à Athènes, puis la médaille d'argent aux Mondiaux de Séville l'an dernier l'avaient certes comblé. Mais pas totalement : il manquait toujours le titre olympique. Un vide que le champion de Franconville souhaitait effacer l'année de ses 31 ans. Il avait, d'ailleurs, établi un plan de bataille inédit en commençant la saison par un stage de deux mois en Californie, dans la chaleur de San Diego où vit son frère. Mais les malheurs se sont abattus sur lui dès son retour dans l'hexagone. C'était d'abord une sciatalgie qui perturbait sa préparation même si ce garçon à la générosité sans limite n'hésitait pas à défendre les couleurs de Franconville aux interclubs, engagé sur 400 m et avec le relais 4x400 m. L'horizon semblait nettement s'éclaircir lorsqu'il effectuait enfin sa rentrée en signant un brillant 48'' 70 fin juin au Stade de France. Le sourire éclairait alors son visage et les espoirs reprenaient de l'ampleur. Mais il était rapidement stoppé dans son élan par des problèmes d'abdominaux laissant craindre une pubalgie et il devait renoncer à chacune des sorties programmées. Jusqu'à l'apparition du point douloureux derrière le genou qui le contraignait à renoncer à ses dernières tentatives. Avec une seule course à son actif, il tentait, toutefois, l'aventure australienne, premier Français à rejoindre la terre australe début septembre. Les premières nouvelles, transmises à l'équipe médicale, étaient plutôt rassurantes. Mais l'espoir était une fois de plus de courte durée. Jusqu'à ce forfait douloureux qui jette un voile sur la suite de sa carrière, olympique en tous cas...
A Budapest déjà, Diagana avait fait chou blanc. A Sydney, il ne sera même pas dans les starting-blocks...
AFP











