Au départ du 400 m nage libre avec le 25e temps, Laetitia Choux n'a à priori aucune chance de se qualifier pour la finale. Reste la course au record de France, vieux de 12 ans.
La logique de la natation est implacable. Pour se qualifier pour la finale olympique, Laetitia Choux devrait battre son record personnel (4'14"87) de près de quatre secondes. Et quatre secondes, dans un bassin olympique, c'est un autre monde. « Je ne vais pas me mettre trop de pression pour cette course, explique Laetitia Choux. Il ne faut pas oublier que je me suis qualifiée grâce au relais 4x200, et que ça reste mon objectif principal. Cela dit, on ne peut pas ne pas aborder une course olympique sans donner son maximum. C'est pour ça que je nagerai mon 400 à bloc ». « Se qualifier pour la finale parait a priori être mission impossible pour Laetitia, confirme Lionel Horter, l'entraîneur de la nageuse. Laetitia aura moins de pression qu'une fille comme Roxana, et elle doit en profoter pour tenter de battre son meilleur temps dans un contexte très relevé. Elle n'est qu'à une seconde et demie du record de France ». Un record (4'12"76 par Cécile Prunier) qui ne demande qu'à être battu, depuis le 5 août 1988. Laetitia n'avait alors que neuf ans et barbotait allègrement dans un bassin spinalien. Douze ans plus tard, elle est fin prête pour ses deuxièmes Jeux, qui devraient être ses meilleurs. « De ce que j'ai vu du village olympique pour l'instant, c'est mieux qu'à Atlanta. Et ici, en Australie, c'est très valorisant d'être nageur. Les gens vous regardent et vous disent : "Ouah, vous faites les Jeux Olympiques en natation !"» Comme à Atlanta, la Mulhousienne a de grandes chances de remporter sa série (2 h 20, heure française). Mais battre des Espagnoles, Italiennes, Coréennes ou Thaïlandaises ne saurait être une satisfaction, puisque les Claudia Poll, Stockbauer, Potec, Bennett, Kielglass et autres Munz s'affronteront dans les dernières séries. Et pour avoir le droit de nager dans leur sillage, en finale, la Mulhousienne devra réaliser un exploit encore plus énorme qu'un record de France. Mais après tout, Mission impossible 2 a bien été tourné à Sydney, non ?











