La finale du 100 m papillon demain à Sydney est la course du soupçon, tant les performances des deux meilleures de la discipline cette année, la Néerlandaise Inge de Bruijn et l'Américaine Dara Torres ont suscité les rumeurs de dopage. Il y a un an, la favorite était l'Américaine Jenny Thompson, détentrice à l'époque du record du monde. Mais entre le 21 mai et le 10 juin, De Bruijn bat à sept reprises des records du monde. Elle détient ceux des 100 m papillon, 50 et 100 m libre, ce qu'avant elle -précédent fâcheux-, seule une Allemande de l'est, Cornelia Ender, avait réussi, et dispose désormais d'une marge d'avance d'une seconde sur Thompson en papillon. La nageuse australienne Suzie O'Neill, qui compte parmi les favorites ce dimanche, a qualifié ces performances d'« un peu suspectes ». Sans citer de nom, l'entraîneur des Américaines Richard Quick, lâche qu'il ne juge « rien de pire pour un athlète que se comporter correctement et d'être grugé». « C'est déjà arrivé à Thompson en 1992 », ajoute-t-il. Après des sélections américaines époustouflantes en août, Torres, jamais qualifiée pour des courses individuelles aux Jeux, sera la nageuse américaine à prendre part au plus grand nombre d'épreuves à Sydney. De Bruijn et Torres ont comme point commun d'avoir interrompu leur carrière pour revenir plus fortes qu'elles n'avaient jamais été. Torres s'est arrêtée après Barcelone, ne revenant qu'à l'été 1999 après sept ans de retraite pour devenir, à 33 ans, la plus vieille nageuse US qualifiée aux Jeux, ses quatrièmes. Avec une huitième place sur 100 m papillon en 1992 et une mise à l'écart de l'équipe néerlandaise en 1996, le palmarès olympique de De Bruijn est vierge. Les trois médailles de Torres ont toutes été obtenues en relais. En exergue de la conférence de presse néerlandaise jeudi, un responsable a prévenu qu'il n'accepterait aucune question sur le dopage. Les Américains n'ont pas eu à se donner cette peine : Torres n'est pas venue au rendez-vous avec la presse.











