« J'ai failli arrêter, mais je n'ai pas réussi ». Qu'on ne s'y trompe pas : ce n'est pas de sa carrière dont parle Nadine Auzeil, mais de son « gros défaut » : la cigarette. Car l'Obernoise fume beaucoup, au grand désespoir de son médecin, de son entraîneur, Jean Ritzenthaler, ancien fumeur, et de son mari Martial, qui, comme beaucoup, s'était pourtant juré dans ses jeunes années de ne jamais fréquenter une fille qui fume.
« Avec Jean, ça fait dix ans qu'on parle d'arrêter de fumer, qu'on se motive et qu'on perd tout le temps des paris.Jean a gagné : il a réussi à stopper la cigarette il y a un an. Je dois des repas à pas mal de monde, alors maintenant, je n'annonce plus rien... Mais Martial pensait vraiment que pour Sydney, j'arriverais aussi à m'arrêter ». Peine perdue, hélas. Car si elle n'a pas besoin de tout son souffle au moment de la compétition, la lanceuse de javelot paie sa tabagie à l'entraînement : « Les rares fois où j'ai diminué la cigarette, c'était net : je prenais beaucoup plus facilement des moyens physiques que dans une période où je fume beaucoup. Dans les périodes où j'y pense beaucoup, ça m'énerve au plus haut point de voir que je n'ai peut-être pas un caractère assez fort. Je me dis : "T'es faible, t'es pas capable de résister à tes envies"!». L'Obernoise est d'ailleurs consciente du tribut qu'elle paye à la nicotine : sans elle, elle aurait peut-être fait une bien meilleure carrière. « C'est aussi pour ça que je dis que je ne me suis jamais investie à 100%: parce que je n'ai jamais su arrêter de fumer. Au niveau mondial, j'arrive quand même à un niveau correct. J'ai un problème de physique, qui serait résolu en arrêtant la cigarette. Et ça, Martial, ça le dépasse, que je ne puisse pas jeter cette cigarette !» C'est pourtant plus facile à lancer qu'un javelot, non ?











