Le responsable de la sécurité des Jeux de Sydney est un personnage plutôt anxieux. Il doit même être la seule personne crispée à cinquante kilomètres à la ronde. Hier matin, à la radio nationale, il a vidé son sac. Le brave homme, il en avait besoin. Voici, en substance, la teneur de ses propos : bien sûr, la sécurité sera maximale pendant les Jeux, mais on n'est jamais à l'abri d'un fou isolé prêt à commettre un attentat suicide dans un lieu bondé, pas forcément dans un stade d'ailleurs, mais dans un des grands commerces de Sydney ! Et puis, s'il y avait une attaque au gaz, à l'instar de celui de la secte Ahoun dans le métro de Tokyo, là non plus, il n'y aurait pas grand chose à faire... Et d'égrener ainsi une demi-douzaine de suggestions pour lesquelles il est sans réponse. Il va sans dire que le brave homme va mieux après tant de confessions, mais que les Sydneysiders sont un peu plus circonspects. D'autant qu'une autre menace se profile à l'horizon olympique : une rumeur prétend en effet que les opposants au World Economic Forum (section Asie - Pacifique, cette fois) de Melbourne, qui ont bloqué hier matin le centre de conférence - et la Dream Team de basket-ball dans son hôtel -, sont prêts à faire le déplacement jusqu'à Sydney pour participer à la fête. Dans une ville où les transports sont bloqués quand personne ne le fait exprès, on peut imaginer ce que pareil déferlement pourrait provoquer. Après tout, soyons Australiens et positivons : si les compétitions étaient retardées, les Jeux dureraient plus longtemps. Les journalistes pourraient mieux travailler, les spectateurs mieux regarder, les sportifs plus se préparer. Et le chef de la sécurité pourrait même trouver d'ici là la solution à ses problèmes avant de rendre copie blanche devant des milliers d'auditeurs. Non, mais !











