A un peu plus d'une semaine du lancement des épreuves d'athlétisme, le stade olympique de Sydney, merveilleuse enceinte de 110 000 places, est confronté aux caprices d'Eole.
Le vent s'engouffre en tourbillonnant sur la piste et conforte les craintes sur la qualité et la validité des performances, en sprint notamment. « Tous les conseils ont été pris auprès des spécialistes pour parvenir au meilleur résultat architectural mais Sydney et Homebush (site du stade) sont venteux », concède Jayne Pearce, chef de presse de l'athlétisme aux Jeux de l'an 2000. « C'est vrai qu'il y a beaucoup de vent ces derniers jours et c'est difficile de prédire quelles seront les conditions durant la semaine d'athlétisme » (22 septembre au 1er octobre), ajoute-t-elle. Au loin les banderoles claquent comme des coups de fouet... Lors des championnats d'Australie en février dernier, en l'espace de cinq minutes le vent était passé de 3 m/s en faveur des coureurs à 3 m/s en leur défaveur, avec les écarts que cela peut signifier pour le chrono final. « J'ai eu l'impression de l'avoir de face d'un bout à l'autre de la course », avait commenté la spécialiste du tour de piste Cathy Freeman après sa série du 400 m. Selon certains observateurs, le vent semblait s'engouffrer sur la piste par des espaces entre les tribunes aux quatre coins du stade. On avait alors pensé à fermer ces ouvertures par des plaques de plexiglass. « Des recherches ont été effectuées mais aucune modification n'a finalement été faite, principalement pour respecter les mesures de sécurité », indique Jayne Pearce. « Il ne faut pas oublier que le vent était totalement absent lors des sélections australiennes en août dernier », souligne-t-elle.
Aux Jeux, les chronos ne sont pas importants
Déjà, certains imaginent les scénarios les plus extrêmes. Un 100 m remporté en 9''60 - voire moins - par l'Américain Maurice Greene littéralement propulsé par une bourrasque durant son accélération ou, au contraire, un vainqueur contraint à lutter contre le vent pour s'imposer en plus de dix secondes, ce qui ne s'est pas produit aux Jeux depuis 1980 à Moscou et la victoire en 10''25 de l'Ecossais Allan Wells. En 1996 à Atlanta, le Canadien Donovan Bailey avait profité d'une soirée chaude et d'un léger vent favorable (+0,7 m/s), soit des conditions presque parfaites, pour porter le record du monde à 9''84. En juin 1999 à Athènes, le vent était négligeable (+0,1 m/s) lorsque Maurice Greene avait grignoté cinq centièmes et porté le record à 9''79. « Je ne pense pas que les chronos seront aussi rapides à Sydney », estimait récemment le Trinidadien Ato Boldon, double médaillé de bronze à Atlanta qui a déjà testé le stade olympique. « Mais, ajoutait-il, les chronos ne sont pas importants aux Jeux, seule la victoire compte». A son arrivée lundi à Sydney, Maurice Greene affirmait même qu'une victoire en 10''40 suffirait à son bonheur. Tout dépend d'où viendra le vent.











