Bien que contrastée, la saison estivale à Strasbourg aura été marquée par le succès de l'exposition « Surréalistes en exil ». La Ville rêve d'un grand projet capable d'attirer de nombreux touristes l'été.
CERTES, les conditions météorologiques de cet été ont préoccupé les responsables du tourisme strasbourgeois. Néanmoins, « le mauvais temps du mois de juillet n'est pas le seul responsable des résultats contrastés du tourisme à Strasbourg. La pluie aurait plutôt encouragé les habitants des campagnes à venir en ville prendre part aux nombreuses manifestations organisées », affirme Patrice Geny, directeur de l'Office de tourisme de Strasbourg.
En effet, la fréquentation du mini-train, des bateaux sur l'Ill, de l'horloge astronomique est stable voire en légère baisse par rapport à 1999. Quant aux demandes de renseignements au bureau d'accueil de l'Office de tourisme, elles ont aussi diminué, « en raison de l'affluence qu'à connue la ville en août 1999 au moment de l'éclipse solaire. Comparés à 1998 les chiffres de cette année sont stables », souligne Patrice Geny. Par contre, grâce à l'exposition « Les surréalistes en exil »au musée d'Art moderne, la fréquentation moyenne des musées a progressé de 28%. Jean-Jacques Gsell, adjoint au maire et président de l'Office de tourisme de Strasbourg, souligne également le succès remporté par les animations dans la cour du Palais des Rohan ou au Pavillon Joséphine, « qui permettent aux Strasbourgeois,n'ayant pas la chance de partir en vacances, de passer d'agréables moments. De plus ces animations sont gratuites. Aux mois de juillet et août, les « Nuits de Strass » ont bénéficié d'un petit plus avec la présence des Elastonautes. Mais, ma plus grande satisfaction sont les applaudissements spontanés que j'ai observés lors des illuminations de la cathédrale », confie-t-il.
Un casino ou une expo
L'été 2000 aura connu une affluence particulièrement importante de touristes américains. Vraisemblablement en raison du congrès ASTA de l'année dernière, qui a contribué à promouvoir l'Alsace outre-atlantique. Si les nord-européens ont aussi été très présents, on peut, en revanche, s'interroger sur le peu de touristes d'Europe de l'Est à Strasbourg. Et ce, malgré l'ouverture des frontières, il y a déjà dix ans. « Les habitants des pays de l'Est n'ont pas encore les moyens de venir en vacances dans notre région. Cependant nous faisons des efforts vers la Pologne. Désormais, les cars en direction de Paris s'arrêtent quelques jours à Strasbourg. Par ailleurs,j'ai observé que, lors de leur passage, les touristes polonais séjournent à l'hôtel. Il y a quelques années, ils passaient la nuit dans l'autobus. Les ressources de ces vacanciers progressent et on peut imaginer qu'à l'avenir le nombre de touristes d'Europe de l'Est à Strasbourg va augmenter», prédit Patrice Geny. Les efforts de l'Office de tourisme de Strasbourg se concentrent sur les langues. Cet été, une documentation était disponible en russe, en chinois, ainsi qu'en japonais. D'autre part, les audio-guides, inaugurés en août, sont proposés en cinq langues. Patrice Geny remarque que « ce nombre sera augmenté l'année prochaine. Nous recherchons aussi un guide touristique supplémentaire capable d'assurer des visites en néerlandais ». A plus long terme, Jean-Jacques Gsell est favorable à l'implantation d'un casino à Strasbourg : « Cela permettrait de dynamiser la cité ». Par ailleurs, il souhaiterait, à l'image de la Foire aux vins de Colmar et de la Grande parade automobile de Mulhouse, une manifestation estivale capable d'attirer un grand nombre de vacanciers. « Strasbourg n'a pas encore trouvé son créneau pour l'été. Notre volonté serait d'offrir, chaque année, à cette période, une grande exposition au musée d'Art moderne, mais ce n'est pas facile à réaliser », confie-t-il.
Le Petite France est toujours autant prisée des touristes, et notamment des Américains venus nombreux cet été à Strasbourg.
Thierry Gachon











