Les automobilistes roulant au gaz de pétrole liquéfié sont devenus les rares clients des stations-service. Peu nombreux, ils vident les cuves de gaz moins vite. Jusqu'à quand tiendront-ils ?
Il n'est ni pompier, ni médecin, ni ambulancier. Et pourtant, Jean-Luc Desombre s'arrête à une station-service de Sélestat, gardée depuis deux jours par les forces de l'ordre, puisqu'elle est réquisitionnée pour les véhicules prioritaires. Il remplit son véhicule en toute tranquillité. Il met 20 litres de carburant et paie 74 F. Depuis un an, Jean-Luc a équipé son tout-terrain d'une bi-carburation essence-GPL. Un investissement qui lui a coûté assez cher, et qu'il n'a pas encore amorti. Mais en ces temps de pénurie d'essence, cet automobiliste est plus serein que d'autres. « C'est toujours un bonheur quand on passe à la pompe. Et en ce moment, puisque nous sommes moins nombreux à rouler au GPL, les stations-service ont encore du stock », explique-t-il.
Un plein d'essence deux fois par an
Néanmoins, il reste prévoyant et fait le plein à chaque fois qu'il le peut. « Je n'ai aucun problème pour me ravitailler. Pour l'instant. Mais si ça continue, ça pourrait arriver ». Il était avant-hier à Strasbourg, où il a trouvé du GPL, et hier à Sélestat, dans l'une des deux stations de la ville fournissant ce carburant. « Il faut quand même que je fasse attention, parce que j'habite dans le val de Villé, où il n'y a pas de station. Et en roulant au GPL, on consomme toujours plus qu'avec de l'essence habituelle ». Au bout de quelques minutes, Jean-Luc Desombre repart, avec ses 70 litres de gaz, et 35 litres d'essence sans plomb qui restaient dans le réservoir. « L'essence sert en cas de panne sèche de gaz, car dans certaines régions, il est encore difficile de trouver une pompe. Elle sert aussi à démarrer quand le moteur n'a pas roulé depuis longtemps ». Soit deux minutes de temps en temps. Jean-Luc Desombre fait donc un plein d'essence deux fois par an. « Et en plus, je ne pollue pas ! », ajoute-t-il, le sourire fier.
Sans avoir à attendre ni à payer cher, cet automobiliste trouve encore très facilement du carburant : il roule au GPL.
Virginie Vendamme











