Dans les grandes surfaces, l'approvisionnement des rayons n'a pas souffert du blocus pétrolier. Pas encore. Exemple dans la région de Mulhouse.
POUR le moment, les rayons des grandes surfaces sont bien remplis et les consommateurs n'ont cédé à aucun vent de panique. La pénurie de carburant n'a pas encore perturbé l'approvisionnement des magasins mais les responsables de certains hypermarchés de l'agglomération mulhousienne interrogés hier s'attendaient à des difficultés dès lundi.« Pour l'instant, nous n'avons connu aucun problème d'approvisionnement. Par contre, on nous signale aujourd'hui les premières difficultés au niveau des plates-formes qui livrent les magasins et nous en subirons les conséquences dans les jours à venir, que le blocage des entrepôts pétroliers cesse ou non », explique Philipe Danjean, directeur de Carrefour d'Ile-Napoléon.
Dans tous les cas de figures, ajoute-t-il, « il y aura 48 heures de flottement mais les consommateurs ne s'en rendront pas compte car nous avons effectué des stockages de précaution ».
Produits frais : inquiétudes
Pour l'heure, pas davantage de difficultés liées à l'approvisionnement chez Cora-Wittenheim, assure Serge Tomasetto, responsable maintenance et sécurité du magasin : « Les centrales d'achat sont surtout situées dans la région parisienne qui n'a pas été trop touchée par les blocages ». Chez Auchan-Mulhouse, J-M. Kilzer, directeur du marketing, pressent des perturbations concernant la livraison de produits frais : « Ce qui semble s'annoncer, c'est une difficulté d'approvisionnement en produits frais - légumes, fruits ou viandes - qui viennent du sud ou de l'ouest et doivent accomplir les plus grandes distances contrairement aux autres produits stockés dans des entrepôts plus rapprochés. Mais ce n'est pas une certitude. Pour l'instant, pas de problème, nous verrons lundi ». Du côté des consommateurs, aucune panique. Mais ils ne se bousculent à la porte des hypermarchés : « Nous sommes prêts, il ne manque que les clients. Cela tombe mal en pleine période de rentrée scolaire », remarque Philippe Danjean qui fait état d'une « forte chute de fréquentation ».
Moins de clients
Explication probable : les clients, pour économiser le carburant, se déplacent le moins possible. « Une partie de la clientèle s'est retournée vers les supermarchés de proximité qui doivent être surfréquentés. Ce qui pourrait d'ailleurs accélérer leur difficulté d'approvisionnement en produits frais », note J-M.Kilzer. Du point de vue de la fréquentation, « samedi sera une journée test », estime pour sa part Serge Tomasetto. Le fonctionnement des grandes surfaces n'a donc pas encore été vraiment perturbé mais la situation pourrait vite se dégrader si le blocus ne connaît pas une fin rapide.
Cette cliente, rencontrée hier au détour des rayons de l'hypermarché Carrefour à Ile-Napoléon, a fait ses emplettes comme d'habitude.
Darek Szuster











