Suite du conflit des routiers avec, hier, un visage inattendu à Montbéliard : le centre-ville rendu aux piétons pendant une bonne partie de l'après-mid pour cause de manifestation des artisans du bâtiment.
UN centre-ville déserté par les voitures... et ce n'était même pas une fête du vélo. « Comme c'est agréable ! Cela donne un petit air de vacances » disent les plus optimistes tandis que les automobilistes râleurs pestent contre une circulation rendue impossible par les nombreux véhicules et engins de chantier des artisans du bâtiment.
Ces derniers avaient décidé de se joindre à la grogne des routiers. Mais en rangs dispersés. Devant la sous-préfecture, ceux de la FFB (fédération du bâtiment et travaux publics du Doubs) avec pour principale revendication : l'allégement de la fiscalité appliquée aux produits pétroliers qu'elles utilisent dans l'exercice de leurs professions. « L'incompréhension gouvernementale et la situation de pénurie qui en découle atteint les entreprises à trois niveaux : arrêt des engins de chantier et des camions nécessaires à l'activité, impossibilité d'acheminer les salariés des entreprises sur leurs chantiers, renchérissement du prix de nombreux matériaux intégrant du pétrole dans leur composition » explique M Reichard, secrétaire général de la Fédération.« Nous ne saurons admettre d'être exclus du bénéfice de mesures d'allégement de la fiscalité qui sont ou seront accordées à d'autres secteurs d'activité. Il est plus urgent que les pouvoirs publics adoptent une mesure significative dans ce domaine afin que les chantiers tant publics que privés puissent reprendre leur cours normal».
Rencontre
Même son de cloche à la CAPEB qui a mobilisé ses adhérents et bloqué le centre-ville aux points stratégiques. Les artisans se sont fait entendre à coups de Klaxon et à grand renfort de slogans barbouillés sur les voitures. Au choix : « Gasoil trop cher », « halte au racket », « Sans les artisans, vous êtes foutus »... Après un rassemblement sur l'ancien parking Leclerc, la centaine de voitures s'est rendue à l'entrée de ville, puis à la gare. Avant de se rendre à la permanence de Pierre Moscovici où une délégation a été reçue par Eric Anguenot, attaché parlementaire. Une rencontre qui a duré presque une heure et une première satisfaction pour les manifestants d'avoir été écoutés à défaut d'être entendus. « Nous ne cesserons pas tant que nous n'aurons pas eu gain de cause ».
Goutte d'eau
Au coeur des revendications : la baisse du prix des carburants mais aussi la suppression de la vignette sur les véhicules professionnels, les difficultés pour l'application de la réduction du temps de travail... « Le gasoil, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase » commente Eric Anguenot. « Mais après avoir évoqué la goutte, nous avons longuement parlé du vase».
Les artisans se sont aussi plaints des difficultés de main d'oeuvre. « Ils reconnaissent que la baisse de la TVA leur a apporté une bouffée d'oxygène te que les carnets de commandes sont pleins mais ils n'arrivent pas à recruter ». Le représentant du ministre leur a conseillé d'envisager une convention avec le conseil régional et l'Education Nationale pour redorer l'image de la profession.
A la pompe, au début de l'après-midi, il restait dans le Doubs 344 000 litres de super, 273 000 litres de sans plomb 95, 311 000 litres de gasoil et 468 000 litres de sans plomb 98. Les quatorze stations prioritaires du département étant ravitaillés à cent pour cent.
Une centaine de voitures d'artisans de la CAPEB a bloqué le centre-ville de Montbéliard.
Patricia Louis











