Plus d'un an après les faits, la Justice a pour la deuxième fois rejeté la plainte en diffamation déposée par Fatima Yvelain contre sa partenaire en équipe de France Blandine Bitzner. La Cour d'appel d'Aix-en-Provence a rendu hier son jugement dans l'« affaire de Niort » qui opposait depuis les championnats de France 1999, disputés dans la cité poitevine, l'athlète marseillaise Fatima Yvelain à la Strasbourgeoise Blandine Bitzner.« Nullité de la procédure », a conclu l'instance juridique. Rappelons que la Provençale avait conquis le titre national du 5000 m dans des conditions peu élégantes - elle s'était contentée de suivre le train imposé par l'Alsacienne avant d'attaquer victorieusement en fin de course - et que Blandine Bitzner avait ensuite tenu des propos jugés diffamatoires par sa rivale, ainsi que par l'entraîneur de celle-ci Alain Dallenbach et les dirigeants du SCO Sainte-Marguerite de Marseille. Les méthodes de préparation utilisées par la nouvelle championne nationale avaient notamment été mises en cause. S'en était suivie une plainte en diffamation, examinée une première fois le 12 novembre 99 par le tribunal correctionnel de Marseille, qui avait mis son verdict en délibéré et annoncé le 14 janvier dernier qu'il blanchissait l'athlète alsacienne en raison d'un vice de forme découvert par son conseil mulhousien, Me Marc Muller.
Du neuf à Marseille
L'avocat marseillais Me Pautot avait néanmoins obtenu que l'affaire fût réexaminée en appel, ce qui fut fait le 5 juin. Une nouvelle fois mis en délibéré, le verdict est tombé hier. « Le tribunal a suivi mon argumentation, constate Me Marc Muller. D'ailleurs, le fond n'avait même pas été évoqué lors de l'audience en appel. Il reste maintenant à la partie adverse la possibilité de se pourvoir en cassation, sous cinq jours. Mais je doute qu'elle le fasse. Quant à nous, nous nous réservons la possibilité d'engager une procédure en dommages et intérêts pour dénonciation calomnieuse». En cette année 2000 qui a vu Fatima Yvelain devancer régulièrement son adversaire sur la piste, la Strasbourgeoise obtient du moins un deuxième succès... dans le prétoire. « A vrai dire, commente-t-elle, nous étions pratiquement sûrs de ce verdict. A Aix, le climat était très différent de cette lourde tension qui a marqué l'audience de Marseille». Si Blandine et son conseil ont là matière à se réjouir, ils ont probablement frôlé le claquage de zygomatiques en apprenant que, depuis la dernière audience, la situation a quelque peu évolué du côté de Marseille. Ne découvrait-on pas dans les colonnes de notre confrère L'Equipe du samedi 2 septembre que Fatima Yvelain s'était séparée de son (très) célèbre entraîneur ? N'y lisait-on pas dès le lendemain qu'Alain Dallenbach affirmait avoir de lui-même décidé de mettre fin à leur collaboration pour avoir « vu des choses bizarres » dont il parlerait « après les Jeux » ? S'il devait y avoir une nouvelle affaire en diffamation, Blandine Bitzner n'y serait pas mêlée...











