Comme ailleurs dans le pays, les routiers alsaciens bloquent depuis hier plusieurs sites stratégiques dans la région.
Gérard Klinzing, président de l'Union régionale du transport d'Alsace, l'annonce clairement : c'est aujourd'hui véritablement une question de survie pour des dizaines d'entreprises alsaciennes, non seulement pour les transporteurs routiers, mais aussi pour les sociétés d'ambulances, les autocaristes et les taxis. C'est pourquoi, les transporteurs routiers ont commence à bloquer, dans la nuit de dimanche à lundi et « pour une durée indéterminée », cinq sites stratégiques en Alsace : le dépôt de carburants EPM, avenue de Belgique à Illzach, les dépôts de fioul et de gazole rue de la Charte à Riedisheim, le dépôt pétrolier de Village-Neuf dans le Haut-Rhin, et dans le Bas-Rhin la raffinerie de Reichstett (La Compagnie rhénane de raffinage de Shell) et le port aux pétroles (Total-Fina-Elf) à Strasbourg.
Le renfort des agriculteurs
Le port aux pétroles a été bloqué vers 3 h 30, lundi matin, « par une quinzaine de poids lourds et une vingtaine de professionnels de la route qui se relayent pour empêcher les camions-citernes d'entrer ou de sortir », explique Michel Chalot, le vice-président de l'Union régionale du transport d'Alsace. Son confrère Georges Gallix, président régional de l'Union nationale des organisations syndicales des transports routiers automobiles, effectuait la même opération, une demi-heure plus tard, devant les deux entrées de la raffinerie de Reichstett avec une quarantaine de personnes et une trentaine de camions. Pour aujourd'hui, les transporteurs recevront à Strasbourg le renfort des agriculteurs. A Illzach, dès 5 h du matin, une quinzaine de camions, rejoints par plusieurs autres ainsi qu'une quinzaine d'ambulanciers, comme l'a précisé Alain Rusch, secrétaire régional de la Fédération des transports sanitaires, ont barré l'accès au dépôt pétrolier, malgré l'intervention des gendarmes. Des taxis et des autocaristes sont venus les renforcer au cours de la journée, ainsi que des entreprises des travaux publics. A Village-Neuf, cinq camions ont bloqué hier à partir de 5 h les entrées du dépôt de la société strasbourgeoise Propétrole. Le site de Village-Neuf a une clinetèle à 40 % allemande et traite avec tout le Haut-Rhin mais aussi Belfort et Montbéliard.
« On ne vise pas les particuliers »
Pour Gérard Klinzing, c'est l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse-Fribourg qui sera le premier touché par ces actions dans la région, avec le blocus du dépôt de Chèvremont près de Belfort : « L'aéroport n'a une réserve de kérosène que jusqu'à mardi » (voir ci-contre). Les patrons routiers annoncent que leur mouvement va durer tant que le gouvernement ce cèdera pas. En même temps ils ne veulent pas trop gêner le public. « On ne vise pas les particuliers qui dans notre région peuvent aussi s'approvisionner en carburant en Suisse ou en Allemagne », dit le patron des transporteurs alsaciens. Il explique que le prix du gazole, plus fortement taxé en France que dans le reste de l'Europe et qui représente 20 à 25 % du prix de revient des entreprises de transports, a augmenté de 50 % lors des dix-huit derniers mois. A lui tout seul, explique Gérard Klinzing, le gazole représente une hausse de 10 % des coûts de ces entreprises, qu'elles ne peuvent pas répercuter sur les clients : « Ce qu'on demande au gouvernement, c'est de faire amortisseur pour pour une fiscalité au niveau de la moyenne européenne et un prix constant à 4 F le litre de gazole, ce qu'il était il y a dix-huit mois».
La raffinerie de Reichstett, l'un des principaux objectifs des routiers.
Jean-Marc Loos











